ITINERARI

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Rocco Femia

La Porrettana : un trait d’union au cœur de l’Italie

par Thomas Nispola

Entre Bologne et la Toscane
– passage obligé pour qui voyage en train du nord de l’Italie vers Rome et le sud-ouest du pays –, il existe un itinéraire hors des sentiers battus :
la linea porrettana.
Nous l’avons parcourue pour vous, parmi des paysages méconnus et somptueux, pour un voyage modeste et magnifique en plein cœur de l’Italie.

À la gare de Bologne, le temps s’est arrêté. L’horloge de la façade principale de la gare indique 10h25 depuis le 2 août 1980, et le terrible attentat perpétré par l’extrême droite qui fit 80 morts et plus de 200 blessés. Les aiguilles vers lesquelles se levaient les regards des voyageurs sur le point d’entrer dans la gare se figèrent alors, et on les a depuis laissées telles quelles, pour ne jamais oublier la folie meurtrière qui s’était emparée du pays.
Bologne est le centre névralgique des voies ferrées italiennes, qui relie Milan, Turin et le nord-est du pays (et par extension toute l’Europe), à Rome et au sud du pays. Avant que ne soit créée la direttissima, la Bologna-Prato-Firenze, que vous emprunterez si vous prenez le billet qu’on vous propose automatiquement sur les trains grandes lignes à réservation, pour aller du nord de l’Italie vers Rome, on empruntait un autre parcours, plus direct finalement, puisqu’il taillait l’Italie en plein centre, à travers l’Apennin tosco-émilian. Cette ligne, qui passe par Porretta Terme et Pistoia, existe toujours, mais est devenue secondaire, à l’heure des trains à grande vitesse. C’est justement celle-ci, la linea porrettana, que nous allons prendre.
L’intérieur de la gare de Bologne est petit monde en soi où les quais sont très nombreux et s’organisent autour de trois pôles, assez éloignés les uns des autres. Il faut bien lire l’intégralité des indications affichées, pour éviter de monter sur le mauvais train. Nous vérifions la position du regionale à destination de Porretta Terme, et montons sur ce train simple, aux sièges en vis-à-vis, dans lequel on pris place bien peu de voyageurs en ce début de matinée. Nous quittons la métropole régionale en direction de la limite sud de la province et de la région, des hauteurs de l’Apennin, à rebours du flux quotidien des travailleurs.

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