»A cura di Stefano Palombari
Maria Rosa Cutrufelli
D’amore e d’odio
Frassinelli – 461 p. – 18 €
Un delizioso mosaico letterario. All’inizio il lettore può sentirsi disorientato ma una volta entrati nel meccanismo della narrazione la lettura diventa estremamente piacevole e coinvolgente.
Ogni capitolo è costituito da un dialogo di cui il lettore può leggere solo una parte, un solo interlocutore.
Quello che dice l’altro lo possiamo facilmente intuire dalle repliche del primo.
Alla fine dei capitoli, un intervento dell’autrice ci permette di collegare le differenti storie tra di loro.
La narrazione comincia nel 1917 sul fronte est della Prima Guerra mondiale ormai ai suoi ultimi atti.
E continua sulle tracce dei Gribaudo, una famiglia di comunisti piemontesi fino al 1999.
L’autore passa in rassegna più di ottant’anni di storia italiana, e non solo, attraverso le storie dei vari membri della famiglia.
Patrick Fogli
Il Tempo infranto
Piemme – 655 p. – 20 €
Il terzo romanzo dello scrittore bolognese, ex ingegnere informatico.
Il Tempo infranto è un noir politico appassionante che dà une versione “personale” della strage alla stazione di Bologna il 2 agosto 1980.
Personale perché non esiste un colpevole “ufficiale” di questa orribile carneficina.
Uno dei tanti misteri italiani. Per scrivere questa storia coerente e terribile, Fogli si è immerso per tre anni nei dossier, negli incartamenti, a fare congetture.
La storia italiana degli anni 70 e 80, la strategia della tensione, l’infiltrazione dell’estrema destra in settori importanti dello stato, i servizi deviati…
si incrocia con il percorso personale di Francesco, un giovane studente di giurisprudenza, il cui padre è scomparso il giorno stesso della strage andando a comprare il giornale all’edicola della stazione.
édition établie et présentée par Martin Rueff
Les œuvres de Cesare Pavese
Gallimard, « Quarto » – 1 830 p. – 35 €
Un volume de 1848 pages consacré à l’auteur piémontais pour les cent ans de sa naissance (cf. RADICI n° 39 p.32).
Il contient les ouvrages suivants : Travailler fatigue, dans l’édition de 1936, Par chez toi, La plage, Vacances d’août (La mer, La ville, La vigne), Le camarade, Dialogues avec Leuco, Avant que le coq chante (La prison, La maison dans les collines), Le bel été (Le bel été, Le diable sur les collines, Entre femmes seules), La lune et les feux et Le Métier de vivre (le journal de Pavese).
Avec, en prime, une biographie détaillée proposant illustrations et photos, ainsi que le « Portrait d’un ami » par Natalia Ginzburg qui avait connu Pavese dans sa jeunesse, et un dossier fort intéressant qui contient une interview que Pavese a donnée à la radio en 1950, et un article de Italo Calvino intitulé : « Pavese et les sacrifices humains ».
Loriano Macchiavelli
Derrière le paravent
traduit par Laurent Lombard
Métailié – 233 p. – 19€
Après Les souterrains de Bologne (2004) et Bologne ville à vendre (2006), les éditions Métailié poursuivent la publication des polars de Loriano Macchiavelli parus en Italie dans les années 70 et réédités récemment chez Einaudi.
Cette fois-ci c’est au tour de Derrière le paravent, sorti en Italie en 1978, un petit bijou qui n’a pas pris une ride et qui aborde des thèmes tout à fait actuels.
Derrière le paravent, on retrouve le sergent Sarti Antonio, toujours dans la voiture 28 conduite toujours par l’agent Felice Cantoni.
On retrouve aussi son chef, le méprisant Raimondi Cesare. L’intrigue est extrêmement bien construite.
Le lecteur est bluffé plusieurs fois. Nous n’en dirons pas plus pour préserver le grand plaisir des rebondissements. Un vrai régal.
Giulio Angioni
Des milliers d’années
traduit par Denitza Bantcheva
Éditions du Revif – 167 p. – 16 €
Rien ne semble changer à Fraus.
Les siècles se poursuivent, se dépassent, se donnent la relève mais là, dans ce petit bled paumé de la Sardaigne, mis à part quelques détails, l’histoire semble se répéter inexorablement.
Les Romains laissent la place à d’autres usurpateurs, les Pisans avant tout, puis les inquisiteurs venus du continent imposer leurs lois...
Le destin de Fraus et des gens qui y habitent, c’est bien de baisser la tête et d’obéir.
Les différents personnages qui peuplent ce livre petit mais très dense sont toujours extrêmement vivants, ce qui nous les rend très proches.
On a donc l’impression d’avoir constamment à faire à des contemporains.
Avec une grande adresse, Giulio Angioni peint en profondeur ses personnages, des caractères durs, des caractères sardes.
Attilio Veraldi
Nez de chien
traduit par Nathalie Bauer
Éditions du Rouergue – 267 p. – 17,50 €
C’est un polar assez étrange.
Tout d’abord le héros de cette histoire n’est pas un concentré de bonté et d’honnêteté, mais un assassin, un tueur à gages.
Ciro doit son nom à la forme très particulière de son nez, qui rappelle celui d’un chien.
C’est un enfant des quartiers populaires de la ville de Naples, vraie protagoniste de ce livre.
Elle apparaît sous toutes ses facettes à travers le portrait des différents personnages :
« le Professeur », qui en réalité, tout en ayant un bureau chez lui, n’a jamais fait d’études ; Rosa,
la prostituée rêveuse et indépendante ; P’tit Caïd, le parvenu insolent et imprudent.
L’étrangeté de ce polar réside aussi dans le fait que le policier y apparaît très tard et a un rôle somme toute assez secondaire. Malgré ses singularités, ce roman écrit en 1982 est goûteux et très plaisant.
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