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Rocco Femia

Énergie : la peur du noir

Dossier réalisé par Thomas Nispola

Depuis « l’étrange black-out » de 2003, les questions sur le fonctionnement énergétique de l’Italie sont d’une actualité de plus en plus pressante. Les principaux enjeux en la matière concernent deux sources d’énergie en particulier : le nucléaire et le gaz.

Dimanche 28 septembre 2003, 3h20 du matin : du nord au sud, à l’exception de la Sardaigne, toute l’Italie s’éteint.
Les rues sont plongées dans le noir, les transports se bloquent, les feux de signalisation disparaissent, la musique et la lumière s’arrêtent dans les discothèques.
Dans les hôpitaux, les groupes électrogènes d’urgence sont mis en route, dans certains cas les patients les plus graves sont transférés vers des structures plus sûres.
Le 118, le numéro des pompiers, croule sous les appels de personnes bloquées dans les ascenseurs.
C’est le black out : « les plombs ont sauté » au niveau national. Craint pendant tout l’été à cause de la consommation extraordinaire dûe aux climatiseurs, l’événement intervient alors qu’on ne s’y attendait plus. Le retour à la normale prendra plusieurs jours. Les débats font rage, on se demande comment l’Italie en est arrivée là.
De façon étrangement hâtive, le Gouvernement déclare que l’événement a été provoqué par une baisse inopinée des arrivées d’énergie en provenance de la Suisse ou de la France.
La solution, immédiatement proclamée, ne fait pas de doute : il faut construire de nouvelles centrales en Italie pour prévenir de tels problèmes. Le président de l’Enel (Ente Nazionale per l’Energia Elettrica), en avant dans les médias, abonde dans ce sens.
Pourtant, une expertise ne tardera pas à faire la lumière sur les causes réelles du black out. Comme on peut le constater sur le graphique, la consommation électrique italienne est assurée à 85 % environ par la production nationale, et à 15 % par l’importation d’énergie produite à l’étranger. Or, la nuit une partie des centrales électriques italiennes sont éteintes, et le système repose à 25 % sur l’importation. Une défaillance de ces fournitures, et le système n’a pas de « filet de sécurité ».
Au bout du compte, ce 28 septembre 2003, comme toutes les nuits, l’Italie avait la capacité de subvenir à ses besoins, mais ne l’a pas utilisée. Quoi qu’il en soit, l’effet sur l’opinion publique est là. Comme solution à la pénurie énergétique qui menacerait le pays, on évoque à nouveau le nucléaire.

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"Retour à l’âge du nucléaire".
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