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Rocco Femia

Retour à l’âge du nucléaire

par Thomas Nispola

Le gouvernement italien a annoncé qu’il souhaitait la construction de 8 à 10 centrales nucléaires dans les prochaines années. Un virage considérable pour le pays, qui ne produisait plus d’électricité nucléaire sur son territoire depuis les référendums du 8 novembre 1987, convoqués suite à la catastrophe de Tchernobyl.

L’Italie reviendrait donc vers le nucléaire. Il faut dire qu’elle n’avait jamais tout à fait coupé les ponts avec cette source d’énergie électrique, et que sa situation était pour le moins ambiguë. Revenons en arrière d’une vingtaine d’années.
Le 26 avril 1986, le cœur d’un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl, dans l’actuelle Ukraine, entre en surchauffe et fond. Un nuage radioactif s’échappe de la centrale, atteint très gravement la Biélorussie voisine, et provoque des retombées sur toute l’Europe.
L’Italie aussi est touchée par la catastrophe. L’opinion publique se mobilise et, le 8 novembre 1987, trois référendums sur le nucléaire sont convoqués. Les Italiens se prononcent pour la fin du soutien de l’État aux installations nucléaires, et l’interdiction pour l’Enel (qui était alors l’agence publique ayant le monopole de l’électricité dans le pays) de participer à la construction de nouvelles centrales à l’étranger.
En conséquence, en 1988, est déclaré un moratoire sur l’utilisation de la fission nucléaire comme source énergétique. On suspend les travaux de construction de la centrale de Trino 2 (province de Vercelli), dans le Piémont, et de celle de Montalto di Castro (Viterbo) dans le Latium.
On procédera graduellement à la fermeture des centrales de Latina et de Garigliano (toujours dans le Latium), de Caorso (Piacenza) en Émilie-Romagne, et de Trino 1.
Le nucléaire n’a pas cessé pour autant de coûter cher aux Italiens, puisque le contribuable a financé pendant des années les compensations versées par l’État aux entreprises qui exploitaient ce secteur, ainsi que le démantèlement des centrales existantes.
Une dépense qui s’est chiffrée en milliards d’euros.
Et, comble du paradoxe, l’Italie continue à consommer de l’énergie d’origine nucléaire, importée de France, de Suisse et de Slovénie.

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"L’Italie, supermarché du gaz ? ".
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