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Italie: Veneto

Italie: Veneto1

» La grande migration du Veneto
Par Laure Teulières
Veneti nel mondo, expatri s tout autour du globe, de l Europe l Amérique du sud legs d une province qui a tôt connu l'émigration de masse.

C’est en effet par familles entières que des Vénètes ont quitté leur province natale pendant près d’un siècle. Gagnant, outre-monts, une Europe plus riche, ou s’embarquant pour une immense traversée, vers une de ces Amériques d’au-delà des mers, la “ Merica ” rêvée et désirée par tous. C’est pour cela qu’on parle de la “ grande émigration ” du Veneto, quand, à la fin du XIXe siècle, le pays s’est vidé d’une partie de sa population. En l’espace d’une génération seulement, dans les années 1876-1900, plus de 940 000 personnes quittent la région ; ce qui représente 18 % de l’émigration italienne totale durant la même période.

Le rythme s’accroît encore au début du XXe siècle, puisque les départs se chiffrent à 882 000 entre 1901-1915, soit alors 10 % de l’émigration italienne. La France n’est à ce moment-là qu’une destination marginale, derrière les États germaniques, Allemagne et Empire austro-hongrois, la Suisse ou les pays transatlantiques. Un tel exode de masse est le résultat d’un déséquilibre explosif : une croissance démographique très forte, alors que les ressources disponibles n’augmentent pas au même rythme et de façon disparate selon les territoires.
C’est la conséquence des carences structurelles de l'économie agricole et des options industrielles qui se dessinent alors que la Péninsule commence à peine à se développer. Dans la Padania, la vallée du Pô et du bas Adige, où le sol alluvial est très productif, on trouve précocement un riche système d’agriculture intensive, où l’irrigation est largement pratiquée. Le paysage de plaine est parsemé de grosses fermes - les cascine - où se presse la population rurale. Dans ce terroir fertile, la misère est due au régime de propriété des terres. Les grands domaines y voisinent avec de toutes petites propriétés. Au sein de cette société inégalitaire, certains ne possèdent rien d’autre qu’un bout de champs ou de verger, et logent dans une des maisons à étage qui bordent les terrains cultivés. Nombre d’autres n’ont rien du tout, sauf à vendre leurs bras et leur peine pour subsister.

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