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» "Partita Crudele", une fête à Naples au XVIe siècle
« Partita crudele » est un merveilleux ballet de cour reconstitué d’après un scénario décrit par Francesco Colonna et repris par Rabelais au XVIe siècle ; une pièce chorégraphique écrite pour 12 danseurs, 8 musiciens et 1 comédien, se déroulant sur un grand échiquier. Chaque danseur incarne une des pièces maîtresses du jeu d’échecs. Christine Grimaldi, chorégraphe spécialisée dans la Renaissance italienne, a reconstitué ce surprenant type de spectacle décrit par Francesco Colonna puis par Rabelais.

Elle s’est appuyée sur des traités italiens du XVIe siècle en restituant la manière de faire des spectacles à la Renaissance, tout en s’adressant à un public d’aujourd’hui. Le résultat est tout simplement somptueux.
Magnificence et excentricité des costumes qui, déjà à cette époque, n’avaient pas grand chose en commun avec le vêtement de tous les jours des nobles qui allaient les porter. Soigneusement pensés, dessinés, cousus, ils avaient une tendance marquée pour l’imaginaire, l’incroyable et l’excentrique.
Subtilité et virtuosité des danses : nous sommes à la naissance du Ballet de cour. On y reconnaît les pas des basses danses du XVe siècle, les prouesses techniques des danseurs italiens du XVIe siècle. Le langage chorégraphique utilisé est celui consigné dans les traités italiens du XVIe siècle en empruntant comme l’a fait Rabelais, des éléments à la danse du siècle précédent. « La danse de théâtre – comme le dit la chorégraphe Grimaldi - s’octroyait des débordements ; nous avons fait de même, non sans humour et amour pour ces princes et courtisans, danseurs d’exception, qui jouaient souvent leur propre rôle avec une certaine dérision ». Pavanes, gaillardes, passe e mezze, volte, spagnolette sont au rendez-vous de ce spectacle. Beauté des musiques de danse interprétées sur scène sur des instruments d’époque. A la lecture des descriptions concernant la musique, on est marqué par la rapidité des changements de tempi ainsi que par la correspondance et l’intimité avec la danse.

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