» Furore,
comme le ressac de la mer sur les rochers
Par
Flavio Apriglianese
Voici
qu’une simple constellation de maisons suffit à créer
un paradis à l’aplomb de la mer.
« Il suffit d’une colline,
d’un versant, d’un sommet. Que ce soit un
lieu solitaire et que tes yeux, en le gravissant, ne s’arrêtent
qu’au ciel. L’incroyable envol des choses
dans l’air aujourd’hui encore touche mon cœur
» (Cesare Pavese). En visitant Furore, petit village
quasi inconnu de la côte amalfitaine, le sentiment
de stupeur est le même que celui qu’on devine
dans les vers de Pavese, un écrivain profondément
attaché à la terre.
L’automobile descend lentement le long des virages
qui relient Agerola à Furore et qui dominent, comme
par magie, un panorama à couper le souffle. Le
bleu pur du ciel éclaire soudain la mer, avec des
lambeaux qui inondent les pentes escarpées, où
sont plantés des vignes et des oliviers. Pour le
voyageur, le spectacle montre clairement qu’ici,
la nature et la main de l’homme ont travaillé
ensemble, côte à côte, pour aboutir
à un extraordinaire équilibre de couleurs,
de perspectives et d’odeurs. Quelques lacets renferment
toute la communauté : pas de place, pas de centre,
« rien qui rappelle un village » souligne
Raffaele Ferraioli, maire de Furore et président
de la communauté montagnarde. Avec ses 800 habitants
seulement, on dirait une colonie de maisonnettes dispersées
ça et là, ou mieux encore, encastrées
dans la roche, « où la terre tombe en s’écroulant
dans un ciel à l’envers, un ciel que les
lamparos piquent d’étoiles pendant les nuits
sereines … » comme l’écrit la
poétesse Maria Orsini Natale. Le tracé sinueux
le long duquel se développent les habitations grimpe
jusqu’à 650 mètres au-dessus du niveau
de la mer. à l’entrée du village,
il y a un écriteau : « Bienvenue à
Furore, village décoré » car, outre
sa singularité géographique, un aspect très
particulier de la localité provient des fresques
murales qui décorent les maisons et les édifices
publics. Une sorte de musée en plein air où
des artistes contemporains ont représenté
les traditions et les mythes de la région, ainsi
que les rapports difficiles et intenses entre l’homme
et la mer.
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