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Italie: Gianmaria Testa

» " Il faudrait une interview silencieuse "
Par Laure Teulières
Gianmaria Testa s'exprime comme il chante : une sensibilité au plus près de la vie.

Le chanteur Gianmaria Testa, originaire du Piémont, a bien voulu répondre à nos questions juste avant de monter en scène lors d'un récent concert à Toulouse.

Être un chanteur italien, pour vous, ça veut dire quelque chose ?
"Forcément. Je chante en italien. J'adore cette langue. C'est dans cette langue que je m'exprime le mieux. Et d'être italien aussi ça veut dire quelque chose. Il y a une âme italienne, comme il y a une âme française, une âme bretonne, une âme anglaise… Mais je connais plutôt la mienne qui est italienne, méditerranéenne."

Vous êtes du Piémont, ça aussi, c'est important ?
"Oui, parce que je suis fils de paysans et que quand on travaille la terre on a l'impression d'être encore plus enraciné. Mais loin de moi l'idée que ces racines éloignent des autres, au contraire. Chez nous, la Ligue du Nord a des propos terribles sur les racines. Votre revue s'appelle Radici… mais les racines, c'est garder sa propre âme pour partager avec les autres ; exactement le contraire des conceptions de la Ligue du nord. Il y a des gens qui pensent qu'il faut se protéger. Je ne le crois pas. Soit on est protégé par soi-même, par des racines profondes qui donnent l'envie de s'ouvrir, soit autant rester chacun dans son petit coin, comme des extra-terrestres. "

Quelles sont les musiques qui vous ont influencées ?
" Quand j'étais petit, dans les années 60, on chantait beaucoup à la maison, parce qu'il y avait encore pas mal de boulots qui se faisaient à la main, et c'était normal de s'accompagner en chantant. Mais je ne pourrais pas dire que je connais le chant traditionnel italien, plutôt le chant traditionnel piémontais, car chaque région a ses spécificités. Ensuite, le premier disque que j'ai écouté, c'était Fabrizio De Andre qui chantait entre autres une chanson de Brassens : "Gare au gorille !" Là, je me suis dis qu'on pouvait tout dire dans les chansons, qu'on pouvait vraiment dire des choses ; ce ne sont pas seulement des mots comme ça, comme une excuse pour chanter. Ça m'a ouvert l'espace. J'ai eu ma première guitare à treize ans et écrit ma première chanson à quatorze ans ".

Retrouvez la suite de l'article dans Radici

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