» Irrésistible
or noir
Par
Delphine Buratto et Valentina Tesi
Petits et grands en raffolent : froid
ou chaud, en morceaux ou en boisson, le chocolat est un
divin plaisir du palais, fort d'une longue tradition,
que les chocolatiers italiens n'en finissent pas de redécouvrir.
Qui n'a jamais éprouvé la douce sensation
de plonger une cuillère dans un pot de Nutella, de la
porter à la bouche et, comme un enfant, de s'en délecter
avec bonheur ? Mais saviez-vous que cette délicieuse crème
est italienne ? Après la deuxième guerre mondiale, Pietro
Ferrero, pâtissier à Alba, près de Cuneo, las de fabriquer
panettone et autres gâteaux, inventa d'abord le Giandujot,
avec du chocolat et des noisettes, à manger en tranches
avec du pain, puis la Supercrema, un Giandujot plus crémeux.
Plus tard, cette pâte à tartiner sera connue sous le nom
de Nutella, de l'anglais nut qui veut dire noisette.
L'Italie est riche d'une longue tradition dans le domaine
du chocolat. Les Mayas et les Aztèques furent les premiers
à connaître le cacao, qui arriva en Europe grâce aux Espagnols
et en Italie plus particulièrement grâce à la maison de
Savoie. On raconte que le duc Emmanuel-Philibert de Savoie,
Général au service de l'armée espagnole de l'empereur
Charles V, après avoir gagné une bataille, renonça à quelques
caisses d'or en échange de précieuses graines de cacao.
C'est alors, en 1559 exactement, que commença la consommation
du " nectar des dieux ", cette boisson au chocolat qui
était dégustée sans sucre, exceptionnellement agrémentée
d'épices. En 1587, quand cette boisson fut servie au mariage
de Catherine, fille de Philippe Ier d'Espagne, avec le
Duc Charles-Emmanuel Ier, fils d'Emmanuel-Philibert de
Savoie, le chocolat devint une boisson " royale " et commença
à voyager aussi à l'extérieur des grandes cours.
Au XVIIIe siècle, le chocolat abandonne les cours royales
de la maison de Savoie pour régaler aussi le palais de
ceux qui n'étaient pas nobles. L'ancêtre du fameux bicerin
commença à se répandre à Turin : la bavareisa ou bevereisa,
boisson à base de café, chocolat, lait et sirop, qui était
servie dans de grands verres. C'est au XIXe siècle que
naquit l'idée de verser séparément les ingrédients de
la bavareisa dans un verre plus petit, le bicerin. À l'époque,
Turin dictait sa loi en matière de gastronomie, au point
que l'on avait l'habitude de dire " Con quat sold a Turin
as mangia, as beiv, as les e as và 'n carossa " (Avec
quatre sous, à Turin, on mange, on boit et on part en
fiacre). C'est ainsi que la réputation du chocolat commença
à se répandre.
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