» Si on
jouait aux cartes?
Par
Rocco Femia
Scopa, Tressette ou Briscola ? Le regard
engageant, le sourire imperturbable et… du sang froid
! C'est par là qu'on distingue le joueur véritable du
dilettante : dans sa capacité à bluffer. Les cartes semblent
avoir conquis tout le monde en Italie et pas seulement
les acharnés. Parties interminables de tressette en hiver
ou dans la chaleur des après-midi d'août, dans la fumée
des osterie et dans l'attente d'un settebello (c'est ainsi
que l'on nomme le point qu'on gagne en prenant le sept
de deniers du jeu de scopa). Briscole improvisées sur
un banc public. Et il ne s'agit pas de jeux de caste ou
de culture ; ici, on gagne et on perd ; tout le monde
est à égalité, perdants et gagnants, face à l'expérience,
au calcul, à la mémoire visuelle ou simplement au hasard.
C'est peut-être pour cela qu'en Italie existent des cercles
et des lieux de rencontre pour les fanatiques du genre,
répandus dans tout le pays. Il y a 4 000 licenciés officiels
et on estime à plusieurs millions ceux que l'on appelle
les " clandestins ".
Si dans les banlieues triomphe l'osteria classique, royaume
incontesté du scopone, en ville ce sont les clubs et les
cercles qui tiennent le haut du pavé, même si ne sont
pas dédaignées les soirées chez les amis. Cette tradition
se transmet depuis des temps immémoriaux, juste pour pouvoir
parler de jeux qui varient selon les régions et même d'une
ville à l'autre. Les cartes ont une origine chinoise,
mais la première source littéraire qui cite expressément
les jeux de cartes est un manuscrit italien : le Trattato
del governo della famiglia de Pipozzo di Sandro, qui remonte
à 1299.
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