» Le bassin
de Longwy-Villerupt : une terre d'immigration italienne
Par Claire Villaume-Canfora
Radici poursuit son exploration des régions françaises
marquées par la présence italienne. Voici un aperçu introductif
sur la Lorraine, un territoire sur lequel nous aurons
l'occasion de revenir.
L'histoire du bassin de Longwy-Villerupt, situé à l'extrémité
nord de la Lorraine, a été marquée par l'arrivée de vagues
successives de travailleurs étrangers et, en particulier,
d'immigrés italiens, attirés par les milliers d'emplois
créés dans les mines de fer et dans les usines sidérurgiques.
De la fin du XIXe siècle au début des années 1960, le
" Pays-Haut " a vu déferler ces masses d'hommes et de
femmes attirées par ce " Far West " français. Ces immigrés
italiens, en quête d'une vie meilleure ou fuyant la situation
politique de leur pays, ont fortement modifié le visage
du bassin de Longwy et en ont fait une région unique en
son genre. À la fin du XIXe siècle, le bassin de Longwy
connaît une véritable rupture économique. En effet, l'application
du procédé Thomas de déphosphoration de la fonte, qui
permet l'utilisation du minerai de fer lorrain (la " minette
"), transforme cette région agricole en un grand centre
industriel : en près de trois décennies, la Lorraine atteint
le premier rang de la production de fer et d'acier en
France. Cependant, face à cette industrialisation rapide,
les ouvriers locaux ne sont pas assez nombreux et refusent
de travailler dans les mines et les usines en raison de
la dangerosité et de la pénibilité de ces tâches. Le manque
de main-d'œuvre devient ainsi la préoccupation première
des maîtres de forges, qui s'organisent pour aller chercher
les bras nécessaires aux besoins d'une sidérurgie en pleine
croissance.
Retrouvez la suite
de l'article dans Radici