Revue d'actualité, culture et civilisation italiennes

 
SOMMAIRE
 Edito
 Caléïdoscope
 Itinéraires
 Portrait
 Arte
 Mythes
 Anniversaire
 Dossier
 Società
 Histoires d'émigration
 Interview à...
 L'Italien  'Espresso'

 
Interview à...

Imprimer

Envoyer

Italie: Elie Wiesel

 

 

» Elie Wiesel, un témoin de notre temps
Par Rocco Femia

La découverte des grandes religions continue en Italie. Radici a recueilli le témoignage d'Elie Wiesel, juif qui a survécu aux camps d'extermination nazis. Prix Nobel de la Paix en 1986, ses paroles creusent dans les siècles et ouvrent des pages d'espoir.

Dans un ouvrage récent, vous commencez par une citation de Dostoïevski qui dit : " Si le Juge était juste, peut-être le criminel ne serait-il pas coupable ". Une phrase un peu paradoxale, surtout si on l'applique à la réalité que nous vivons aujourd'hui.
" Comment la concilier avec cette réalité ? Je suis, bien entendu, contre toute forme de violence. Il n'est jamais acceptable que la société, ou l'État, deviennent agent de mort. L'homme est fait pour servir la vie. En ce qui concerne l'exercice de la justice, j'avoue que je n'aime pas trop avoir à le faire. Je me sens témoin et non juge. Un témoin dit ce qu'il a vu et vécu à la première personne. Je ne juge donc personne, excepté moi-même, dans une permanente remise en question. Cela m'évite de devenir un fanatique de la vérité. Nietzsche a dit : " La folie n'est pas le produit du doute mais bien celui des certitudes. " C'est cela le fanatisme : la certitude permanente d'avoir raison, et j'ai horreur des fanatismes. "

Mais alors, où avons-nous failli dans la construction de notre " civilisation " européenne, puisque certaines aberrations continuent à se produire ?
" Je pense qu'il y a eu véritablement faillite. Le mot me convient. Si, en 1945, à la fin de la guerre, quelqu'un m'avait dit que je devrais me battre tout le reste de ma vie contre le racisme, je ne l'aurais pas cru. Si quelqu'un m'avait dit que je devrais dénoncer encore l'antisémitisme, je l'aurais pris pour fou. L'antisémitisme est mort à Auschwitz, lui aurai-je répondu. De même que je n'aurais jamais pensé devoir combattre pour la survie des enfants dans le monde, pour qu'ils ne meurent pas de faim, de maladie, d'humiliation, d'esclavage. Voici ce que j'aurais cru : pour moi, le non amour des enfants était mort à Auschwitz, dans le spectacle des wagons chargés de petits innocents que je ne pourrai jamais oublier. Et pourtant, nous en sommes là. Quelque chose, peut-être, n'a pas marché. C'est sans doute dû à la qualité du témoignage que nous livrons aux générations nouvelles. Nous avons oublié le rôle de l'éducation, en particulier dans les familles. Ce qui perturbe le plus un enfant, je parle d'expérience, c'est l'hypocrisie des adultes, des parents : le père, grand humaniste, mais qui traite mal sa femme ; la mère, grande idéaliste, mais qui fait le contraire de ce qu'elle dit. C'est terrible pour les nouvelles générations. L'éducation est un art peut-être au-delà de nos limites car elle nous oblige à être extrêmement cohérents avec le témoignage de la vie, mais c'est ce qu'il y a de plus urgent aujourd'hui et c'est la seule voie pour empêcher que l'horreur ne se reproduise. "

Retrouvez la suite de l'article dans Radici

Article suivant » L'Italien 'Espresso'
Editalie Sarl © 2004 - Tous droits réservés

.:Annonces:.


L'Echauguette


La Romantica


Renault


Millefiori