» Cyprès, si loin...
Par François-Régis Lorenzo
Il
est venu du lointain orient et représente un modèle parfait d'intégration
! Sans lui, l'Italie perdrait sa majuscule : le cyprès de Carducci surmonté
de la lune de Leopardi placée là comme un point sur le " I " d'Italie
! Du berceau jusqu'à la tombe, le cyprès ponctue toujours de sa présence
indéfectible les grands moments de l'histoire italienne qu'elle soit intime
ou nationale. Voyage au cœur d'un mythe. Entre Art et Nature…Une œuvre
d'arbre !.
Au
cœur de Florence, dans le carré du Chiostro Verde de Santa Maria Novella,
on le croirait jumeau naturel du capanile adjacent dont il semble vouloir
imiter l'harmonie, la sévérité et la pointe et dont la teinte sombre achève
la palette verte des fresques en terre de Sienne qui donnent son nom au
Cloître. Sa ligne verticale et virile complète les courbes arrondies et
féminines du portique qui l'enceint. Empruntons à l'humaniste toscan Leon
Battista Alberti son œil ailé et rendons-nous sur le Forte Belvedere qui
domine la ville . De là, nous retrouvons cette géométrie amoureuse du
cercle et de la ligne qui semble avoir enfanté la Renaissance italienne
: c'est la raideur éloquente du campanile de Giotto répondant à la rondeur
débordante du Dôme de Santa Maria del Fiore. Autant dire que le cyprès
italien n'a qu'une lointaine parenté avec ses cousins japonais ou californiens.
Ils semblent là-bas n'avoir jamais quitté le règne végétal et s'épanouissent
en pleine nature sans daigner se plier aux règles rigoureuses du botaniste,
du jardinier et de l'architecte. Il est en revanche en Italie le plus
fidèle ami de l'homme. Du berceau jusqu'à la tombe, il ponctue toujours
de sa présence indéfectible les grands moments de l'histoire italienne,
quelle soit intime ou nationale. Pouvait-il en être autrement dans le
" Giardino del Impero " où Nature et Culture semblent ne faire qu'un en
une étreinte, un amplesso, dont le cyprès est à la fois la graine et le
fruit.
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