» Cari lettori
Par
Rocco Femia
« Il n’y a pas de roses sans épines
», nous connaissons tous le sens de ce proverbe. En effet,
même les choses les plus belles cachent toujours de petites
difficultés ou douleurs. Et l’expression reflète presque
toujours la réalité. Presque toujours, parce qu’il existe
en Ombrie un rosier dont les roses sont dépourvues d’épines,
plus précisément à Assise,
près de la basilique de Sainte Marie des Anges, à l’intérieur
de laquelle se trouve la très ancienne chapelle franciscaine
de la Porziuncola. C’est là que Saint François donna son
habit à Sainte Claire en 1212 et c’est là aussi qu’il
voulut mourir, le 3 octobre 1226. La présence de ce rosier
insolite serait due à un miracle de Saint François qui,
une nuit d’hiver, s’était jeté nu au milieu des ronces
pour freiner une impulsion soudaine le poussant à quitter
la vie monastique. C’est à ce moment que les fleurs auraient
perdu pour toujours leurs épines. Cette histoire fait
partie du charme de l’Ombrie, à l’honneur dans ce numéro
avec trois autres itinéraires exceptionnels : Montefalco
et Castiglione del Lago, élus « Borghi più belli d’Italia
» (plus beaux villages d’Italie). Que dire ensuite de
la ville de Todi, patrie du célèbre Jacopone qui, déjà
au Moyen-Âge, fut le premier à avoir attribué à la femme
toute sa valeur. Todi a été récemment déclarée ville idéale
pour sa qualité de vie par Robert Levine, célèbre chercheur
de l’Université du Kentucky. Il serait difficile de dire
mieux.
Je souhaite donc de bonnes vacances à tous ceux qui veulent se rendre dans
cette région et un bon « voyage intérieur » à ceux qui se limiteront,
pour l’instant, à lire notre reportage… Laissez-vous transporter par les
émotions et vous sentirez aussi les odeurs et les parfums de l’abondante
végétation de l’Ombrie, cœur vert de l’Italie ! Plus au sud, une autre
région cache un patrimoine exceptionnel d’architecture théâtrale : les
Marches. Théâtres petits et grands, tous riches d’une grande tradition
artistique. De bourg en bourg, de théâtre en théâtre, une façon originale
de découvrir cette région surprenante.
À propos de théâtre, il en est un qui connaît en Italie une moindre fortune
que ceux des Marches : il s’agit du théâtre de la politique. Les élections
européennes, régionales et municipales viennent d’avoir lieu et on entend
déjà les voix de ceux qui revendiquent le rôle de vainqueur ou, du moins,
de celui qui n’a pas perdu. Les résultats confirment la tendance générale
qui voit diminuer la participation au scrutin dans les pays européens.
Si l’on pense à combien de luttes et de sacrifices il a fallu dans l’histoire
pour conquérir le suffrage universel, le renoncement de beaucoup au droit
et au devoir de voter apparaît comme un paradoxe. Méfiance envers la politique,
impression d’impuissance, désillusion : bien des choses ont été dites
et écrites au sujet de ces sentiments si répandus chez les citoyens. L’expression
la plus fréquente parmi ceux qui ont renoncé à voter est que rien ne change
et que les politiciens ne sont que des « acteurs de théâtre ». Cela n’exprime
pas qu’une désillusion populaire, mais aussi, hélas, une réalité qui trouve
son meilleur exemple en Italie : la politique-spectacle. Il n’est en effet
plus d’émission de variétés auxquelles les leaders politiques ne participent
! Radici vous propose dans ce numéro une brève histoire des changements
qui se sont opérés pendant les dernières décennies au sein des partis
politiques italiens. Pour mieux comprendre… avec l’espoir que dans l’avenir
nos acteurs, pardon, nos hommes politiques, trouvent un scénario digne
de grands acteurs. Voici, peut-être, la recette pour que les citoyens
reprennent le chemin des urnes.