» Le corps, ce merveilleux instrument
Par
Rocco Femia
Radici poursuit ses grands entretiens en rencontrant le philosophe Michel Serres, de l’Académie Française. Celui-ci fait l’éloge du corps humain et de la part du sport dans notre vie. À l’approche des vacances, ses pensées ouvrent sur le monde et le contact aux autres.
Le
corps, comment le voyez-vous ?
Je crois qu’après la Seconde Guerre mondiale, et plus précisément
dans la période de 1960 à 1980, un nouveau corps est apparu.
Nous le devons aux progrès de la médecine, à la multiplication
des médicaments et des remèdes à la souffrance ;
l’effort lui-même est devenu plus léger. L’idée
m’est venue que ce corps nouveau était transfiguré.
Cette idée de la transfiguration ne m’a plus quitté.
Il me fallait penser cela et c’est ainsi que je suis tombé
sur une grande surprise. Alors que les textes étaient plutôt
gais, positifs et enthousiastes, l’iconographie liée au corps
apparaissait elle plutôt triste, penchant vers le corps souffrant,
le corps douloureux. Et cela dans les images anciennes comme dans celles
plus modernes. Je n’ai, par exemple, jamais réussi à
trouver un corps nu qui sautille de joie.
Qu’est-ce que le corps et que peut-il ?
Voyez, les animaux ont un corps qui est ce qu’il est, sans possibilité
de choix, alors que nous avons nous le choix entre mille et une possibilités.
Vous pouvez devenir pianiste, expert du saut en hauteur ou chirurgien.
Vous avez à votre disposition une grande quantité de gestes
physiques que le corps contient de façon virtuelle et que vous
pouvez exécuter à votre gré avec un peu d’entraînement.
Cet aspect du corps humain m’intéresse énormément
et il est évident dans le sport.
Retrouvez la suite
de l'article dans Radici