» Montefalco, là où la vigne s’est faite ville
Par
Mélie Pailhoux
Pour écrin, un paysage viticole séculaire. Pour patrimoine, le Sagrantino, un des vins les plus réputés d’Italie centrale. Pour demeure, un centre ancien de toute beauté qui a recu l’appellation de « Plus beau bourg d’Italie ».
"Belle et buone vigne, coltivati terreni
et di gran frutto, fa delicati vini ». Le jugement
de l’inspecteur envoyé par Pérouse en 1565 pourrait être
repris à l’identique. Car la viticulture est à Montefalco
comme un héritage historique. Tout alentour, le paysage
conserve l’ordonnancement agraire saisi déjà par le peintre
du Quattrocento Benozzo Gozzoli. Ici, fait extraordinaire,
la vigne vient presque à l’intérieur du village, remontant
à flanc de coteaux jusqu’aux pieds des murailles. Si des
ceps domestiques prospéraient autrefois à l’abri des hauts
murs protégeant les jardins, les pressoirs embaument toujours
l’air au moment des vendanges. Et la petite « rue du Sagrantino
» est là pour rappeler l’attachement immémorial à ce cépage.
Le site est dit « ringhiera dell’Umbria », « balcon de
l’Ombrie », car sa position géographique en fait un belvédère
naturel, au cœur de la province, avec dans le lointain
les Apennins, le Subasio et les Monts Martani. L’aire
d’appellation du vin éponyme s’étend sur les collines
environnantes. Un parcours culturel et oeno-gastronomique
– la Strada del Sagrantino – a été créé pour la découvrir
en reliant au total cinq villages.
Mais revenons au bourg ancien de Montefalco, pris dans
une enceinte du XIVe siècle, avec ses portes médiévales
et sa vieille tour crénelée. L’implantation urbaine remonte
à l’époque romaine puisqu’on le dit fondé par le sénateur
Marco Curione, ce qui lui aurait valu son nom premier
de Coccorone. Mais sa toponymie présente de « mont faucon
» illustrerait en fait la passion de l’empereur Frédéric
II pour la fauconnerie, un art de la chasse auquel il
consacra d’ailleurs un traité savant.
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