» Todi, une ville idéale pour un idéal de vie
Par
François-Régis Lorenzo
L’Ombrie
n’a pas de mer, mais elle a bien une île, fortunée, bienheureuse et prospère
qu’une équipe de chercheurs américains en quête d’utopies nouvelles pour
le XXIe siècle a identifiée en la ville de Todi. Cette cité du passé,
promue ville idéale par un éminent universitaire du Kentucky, se révèle
ainsi promise à un bel avenir.
Le nombril de l’Ombrie… C’est
un tout petit point sur la carte, à peine plus grand qu’Acquasparta,
Bastardo et Deruta ses voisines aux noms aussi verts et
fleuris que le paysage environnant. Ce sont quatre lettres
sévères, rustiques et archaïques, plus petites et bien
plus laconiques que celles qui signalent les villes d’Orvieto
au sud-ouest, de Montefalco et de Foligno à l’est et bien
sûr d’Assise et de Pérouse au nord. Todi fait partie de
ces centres mineurs qui font de proche en proche toute
la richesse de l’Italie. Mais l’adjectif mineur a un sens
plus noble ici, plus mystique et élevé comme l’est d’ailleurs
ce petit bourg de 17 000 âmes perché sur une hauteur qui
l’a longtemps sauvé des invasions barbares avant d’être
un motif d’attraction touristique. Bourgade d’un ordre
mineur qui gravite autour de sa majesté Assise et semble
par sa modestie et par la communion qu’elle opère avec
la nature à l’entour être resté plus fidèle encore à la
règle et au modèle franciscains que sa grande sœur « assise
» contre le mont Subasio. Assise a son saint et sa basilique,
Todi a son poète et sa place, parmi les plus belles du
pays. Aux fioretti de Francesco font écho ici les laude
de Jacopone da Todi, au temple de Minerve fait écho le
temple de Bramante, S.Maria della Consolazione, qui représente
une des plus parfaites architectures de la Renaissance,
central et rayonnant comme bien des villes italiennes.
Et si l’Ombrie est le cœur vert de l’Italie, Todi pourrait
bien être le chœur de ce cœur, il coro del cuore.
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