» Nino Manfredi, « l’horloger » s’en est allé…
Par
Maurice Fontaine
Perfectionniste jusqu’à la maniaquerie, il portait ce surnom avec fierté. Pour cet hommage, Radici ouvre ses colonnes à un vrai cinéphile. Le réalisateur Maurice Fontaine croque ici le portrait d’un acteur de premier ordre, en toute subjectivité.
Rome a revêtu ses couleurs
estivales qui la poussent au dolce farniente. Ce pourrait
être un jour joyeux et c’est pourtant un jour plein de
mélancolie. Après Ugo Tognazzi, Vittorio Gassman et Alberto
Sordi, Nino Manfredi nous quitte à son tour. Sa mort marque
la fin d’un genre : la comédie à l’italienne qui a su
s’emparer sans tabou de tous les sujets de société et
les traiter comme jamais aucune autre cinématographie
au monde ne fut capable de le faire.
Nino Manfredi, le dernier grand acteur comique italien de sa génération,
est décédé le 4 juin dernier à l’âge de 83 ans à Rome. Victime en juillet
2003 d’un accident cérébral, il avait souffert de nouvelles complications
en décembre et son état de santé n’avait cessé de se dégrader. Laissant
une impressionnante filmographie derrière lui, ce comédien, également
scénariste et réalisateur, avait atteint une popularité identique à celle
de ses compagnons d’armes. Il y a quatre ans, presque jour pour jour,
s’éteignait Vittorio Gassman et à cette funeste occasion, Nino Manfredi,
ému aux larmes, avouait sur la Rai : « C’est une nouvelle terrible pour
moi ». Celle-ci ne pouvait en effet qu’ébranler celui qui fit ses premières
armes dans la troupe de Gassman au Piccolo Teatro de Milan, puis au music-hall,
avant de débuter au cinéma comme doubleur d’acteurs. Celui qui, hanté
par des problèmes de santé, sentait qu’il arrivait, lui aussi, au bout
de son film.
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