» Politiques en quête d’auteur...
Par
Rocco Femia
Sur la scène politique italienne, la pièce autrefois pouvait sembler jouée d’avance. Puis vint le temps des scissions, des refondations et des coalitions...
Il était une fois Don Camillo et Peppone.
C’était l’Italie des grands partis de masse, aux structures
bien enracinées sur le territoire, expression de traditions
politiques, culturelles, religieuses. D’un côté, il y
avait le parti du gouvernement, le principal, la Démocratie
Chrétienne, lié à l’Église, au monde catholique et à ses
différents organismes ; de l’autre, le Parti Communiste,
avec ses Maisons du Peuple, ses sièges syndicaux, ses
centres culturels. Les autres partis historiques (Parti
Socialiste, Parti Libéral, Parti Républicain), étaient
tous nés avant la guerre. Les nostalgiques de feu le régime
fasciste se retrouvaient dans le Movimento Sociale Italiano,
fondé à Rome en décembre 1946 par un groupe de jeunes
ex-fascistes.
C’était une histoire qui semblait ne devoir jamais finir
et pourtant... à un moment donné, les partis de masse
présents dans la société ont commencé à donner des signes
de faiblesse. Nous sommes au milieu des années 80, l’époque
où on commence à parler de la « question septentrionale
» dont le nom même apparaît par contraste avec l’historique
« question méridionale ». Concrètement, le Nord réclame
à grands cris un rôle et une reconnaissance en rapport
avec son importance économique. Mais y a-t-il vraiment
un seul Nord ? À bien y regarder, on peut en distinguer
au moins trois, chacun avec ses problèmes et ses intérêts
spécifiques.
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