» « Mais où est-on ? Au marché ? »
Par
Rocco Femia
“Ma dove siamo, al mercato?” Une expression pour dire que le marché est au cœur de la vie transalpine. Des éventaires d’antan à la vogue actuelle des courses à prix malin, le renouveau des marchés italiens tourne au phénomène de société.
C’est désormais une règle. On l’attend fiévreusement,
on l’organise comme un loisir, on le vit avec enthousiasme. Non, il ne
s’agit pas d’un voyage aux Caraïbes ni même d’un rendez-vous d’amour.
C’est simplement une belle promenade au marché ! Oh, le simple marché
de quartier, classique, populaire. Un phénomène commercial qui met tout
le monde d’accord et qui est, surtout, coutume et folklore. Les Italiens
aiment ça depuis toujours. Que ce soit pour voir l’habituel petit groupe
d’éventaires sur la place du village ou pour rechercher le plus beau d’une
grande ville, le marché ne connaît pas de crise dans un pays où les gens
aiment par-dessus tout communiquer et acheter. Et si, pendant de nombreuses
années, le marché a représenté un choix de pauvres, affronté souvent avec
appréhension, avec la complicité de l’euro et l’augmentation des prix,
faire des achats d’un éventaire à l’autre est devenu aujourd’hui la sage
alternative de beaucoup d’Italiens qui doivent serrer leur bourse les
fins de mois. Ils découvrent ainsi qu’ils réussissent à économiser jusqu’à
30 % de dépenses par rapport aux magasins et aux supermarchés. Les voilà
donc, ces Italiens qui, fidèles à un vieux proverbe, font « de nécessité,
vertu », transformant ce qui n’était au début qu’une contrainte pour beaucoup,
en une véritable mode pour tous, un simple plaisir qui n’implique même
pas l’obligation d’acheter. Car ils ne vont pas au marché uniquement lorsque
le frigo est vide ou qu’ils ont besoin d’une paire de chaussures. En Italie,
le marché est rencontre, passe-temps, loisir. Dans le petit monde du village,
c’est la passegiatta que l’on fait pour voir et se faire voir.
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