» Sur la route de Verdi
Par
Patrick Armand
Compositeur génial, il su comme nul autre faire vibrer les passions humaines. Visite intime sur les pas du Maestro, en des lieux chargés d’émotion qui gardent l’empreinte de sa vie et de son art.
Je pénètre
dans la crypte de la « Casa di Riposo per i vecchi
musicisti » à Milan, accompagné du
concierge, un homme très réceptif aux sentiments
du cœur humain. Devant l’émotion qui
m’étreint à la vue du caveau, il me
fait l’immense faveur de m’ouvrir le portail,
habituellement fermé, me permettant ainsi d’accéder
à la tombe de Giuseppe Verdi, à quelques
mètres de celle de sa défunte épouse
Giuseppina. Je touche alors la dalle de marbre et suis
immédiatement envahi par une impression de joie
et de passion. Curieux sentiments en de pareils instants,
me direz-vous, mais après tout, le Maestro n’était-il
pas un homme de passions ? Giuseppe Verdi est né
à Roncole, non loin de Busseto, au cœur de
l’Émilie-Romagne, le 10 octobre 1813. Dès
son plus jeune âge, il démontra un talent
musical inné dans un environnement peu propice
à la musique. Beethoven et Mozart avaient un père
musicien, Haydn, Schubert, Mendelssohn, Smetana, entre
autres, étaient issus de bonnes familles où
la musique et la culture étaient érigées
en valeurs. Verdi, lui, était fils d’aubergistes,
et aucun héritage familial ne le prédisposait
à devenir l’immense génie que le monde
entier connaîtra. Cette existence simple –
où les choses de la vie ont une place naturelle
– ses racines, Verdi les portera dans son cœur
toute sa vie, et combien de fois dira-t-il, même
au sommet de sa gloire : « Je suis un simple
paysan et je ne serai toujours qu’un paysan
».
Retrouvez
la suite de l'article dans Radici