» Castelsardo,
vaisseau gardien des traditions de la Méditerranée
Par François-Régis
Lorenzo
Le temps semble s'être suspendu à cette roche,
comme pour contempler l'éternité de la mer et du soleil. RADICI
vous invite à jeter l'ancre dans cette petite ville de Sardaigne
située à la croisée des courants de l'histoire et des cultures
de Méditerranée.
C'est un vaisseau, solidement ancré dans la
roche, à la proue de cette gigantesque silhouette navale qu'est
la Sardaigne. Son équipage d'agriculteurs et de pêcheurs doit
bien avoir le pied marin aujourd'hui pour s'être vu changer
plusieurs fois de capitaine, de pavillon et de nom, au gré des
vents de l'histoire européenne, des courants dynastiques et
des abordages qui ont jalonné tout le passé italien : d'abord
Castel Genovese puis Castel Aragonese et enfin Castelsardo.
C'est sous ce dernier nom, qui lui va si bien, que le village
entend aujourd'hui représenter la Région et défendre, depuis
son promontoire volcanique, les traditions de la terre et de
la mer.
À l'abordage
Nous aborderons la forteresse par le large et par l'histoire,
comme il se doit. Ce port de l'Anglona a fêté il y a deux
ans ses neuf siècles d'existence. Il fut fondé en 1102
par la famille Doria dont le nom évoque la ville de Gênes
et qui comptera parmi ses descendants illustres Andrea
Doria, condottiere et commandant des flottes de François
Ier et de Charles Quint : un destin d'emblée lié à la
mer et à la guerre ; une histoire d'eau et une histoire
d'armes qui enchaînent l'île à la terre ferme et au continente
(comme disent les Sardes eux-mêmes). Sa fondation est
d'abord purement militaire et doit beaucoup à la position
stratégique et panoramique du lieu où les génois choisirent
de poser la première pierre de leur bastion : la " rocca
di Bellavista ". Un emplacement idéal qui sera précieux
par temps de guerre et qui demeure aujourd'hui inestimable
dans les saisons de paix et par " gros temps " touristique.