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Radici d'Italia: Grado
Radici d'Italia: Grado1
 

» Grado, île du soleil
Par Mélie Pailhoux

Suggestions magiques de la lagune et mer hivernale d’une île magnifique, véritable perle de la province de Gorizia.

La plus belle route menant à Grado, celle qui part d’Aquileia, offre au voyageur toute une palette de couleurs et les impressions magiques d’une lagune enchanteresse. De petites îles apparaissent ici et là, parfois recouvertes de constructions de roseaux et d’argile, les casoni, autrefois habitations de pêcheurs. Le charme est plus grand encore au crépuscule, quand l’eau de la mer se colore d’un rose intense, virant au violet et à l’orange flamboyant et adoucit le paysage avec ses contrastes quasi irréels.
Après avoir passé le pont mobile Matteotti, Grado, la mythique « île du soleil », resplendit avec toute l’élégance d’une célèbre ville balnéaire et thermale. On l’appelle ainsi parce que, grâce aux vents du golfe, le soleil y brille toute l’année. Grado, avec son sable doux et doré, est aussi surnommée « île d’or ». Jouissant d’une situation géographique stratégique, dans la province de Gorizia, au cœur du Frioul et de la Mer Adriatique, Grado peut se vanter d’avoir un climat particulièrement clément. Deux mondes s’y rencontrent : d’un côté la lagune, avec sa nature intacte et luxuriante, de l’autre l’Adriatique, bleu et écumant avec ses langues de sable ornées de parasols et de cabines multicolores. La mer de Grado est très belle, d’un bleu intense virant au vert émeraude, au parfum frais et chargé en iode. Pendant la marée basse, les bas-fonds forment des étendues infinies et deviennent le lieu idéal de longues promenades.
Grado est également reliée à la terre ferme du côté de Monfalcone, mais son mode de vie reflète tout à fait le style insulaire, ouvert et très cordial. Il est bien loin le temps où la noblesse autrichienne, bohème et slovaque arrivait en ces lieux en train jusqu’à Cervignano (aujourd’hui encore la gare la plus proche), puis en carrosse et enfin en bateau, les dames parées de vêtements raffinés et protégées du soleil par des ombrelles et accompagnées par des messieurs tout aussi élégants. Aujourd’hui l’esprit international est resté le même : d’innombrables langues et dialectes sont toujours parlés dans les rues de Grado.
Dans le passé, Grado constituait le débouché maritime d’Aquileia. La ville prit de l’importance quand les habitants d’Aquileia s’y réfugièrent, suite à la descente des Huns d’Attila en 452, et après l’invasion des Lombards en 568. L’archevêque Paolino (557-569) décida d’y installer sa résidence, provoquant du coup un schisme avec Aquileia, initiant ainsi la série des patriarches de Grado. Mais la ville, déchirée par les luttes avec le patriarche du Frioul lombard, tomba dans la décadence. Elle fut ensuite mise à sac par l’aryen Fortunato en 627 et par les Lombards en 662, puis reconquise par les habitants d’Aquileia pour être reprise après l’an 1000 jusqu’à l’arrivée des Génois en 1290. Au XVe siècle, le patriarcat d’Aquileia fut supprimé et remplacé par celui de Venise. Après avoir subi d’autres invasions de la part des Anglais et des Français, Grado tomba en 1815 entre les mains de l’Autriche qui la conserva presque un siècle.

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