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Radici d'Italia: Belluno
Radici d'Italia: Belluno

» Belluno, une belle inconnue
Par Rocco Femia

Souvent peu informés, les touristes en route vers les Dolomites s’arrêtent rarement à Belluno. Ils ont tort. La capitale des Dolomites est une ville riche d’art qui, après avoir eu un passé
difficile, fait aujourd’hui partie des chefs-lieuxitaliens où l’on vit le mieux
.

Après avoir stationné votre voiture dans le parking de Lambioi, des escalators, hélas sans visibilité à cause du plexiglas opaque qui le protège, vous permettront d’accéder à la ville. Certains d’entre vous regretteront déjà, peut-être, de ne pas avoir imité les autres automobilistes, « ceux qui montent à Cortina » comme le notait il y a 40 ans Dino Buzzati, originaire de Belluno, alors qu’il n’y avait pas encore d’autoroute. Mais à la fin de la montée, l’escalier vous mène droit au miracle, à ciel ouvert : le dôme de San Martino du XVIe siècle, les 76 mètres du campanile baroque par Juvara avec la statue d’un ange, le palais vénitien des Recteurs avec la Tour de l’Horloge, la Mairie néogothique… Tout cela pourrait faire penser à un décor de théâtre, pourtant c’est l’une des places les plus originales d’Italie, articulée en espaces et décors de fond différents et homogènes. Un lieu magique qui donne l’impression d’être à mi-chemin entre Dino Buzzati et Giorgio De Chirico. La place du dôme constitue la porte d’entrée du centre historique désormais entièrement piétonnier. À quelques pas de là se trouvent la piazza Campedel, le Palais Crepadona, le Museo Civico, la Piazza delle Erbe (la place des herbes) et la via Mezzaterra. La ville ne mérite donc vraiment pas le mépris dont elle a trop souvent souffert. Les paroles de Buzzati sont d’ailleurs très éloquentes à propos de cette négligence : « Si vous dites Belluno – se plaignait l’écrivain – les gens vous parlent immédiatement du Frioul en plaçant l’accent là où il n’est pas ; généralement les gens ne savent rien du tout ». Le fait est que la ville n’a jamais beaucoup compté. Au XIVe siècle, le pouvoir changea de mains huit fois. En 1831, sous la domination des Habsbourg, la ville donna le jour à Grégoire XVI, dont il ne reste, il est vrai, que bien peu de traces à Belluno. La preuve en est que sa maison natale, à Mussoi, fut détruite en 1968 pour élargir la route. Aujourd’hui, le pape de Belluno le plus connu n’est pas Grégoire XVI mais Albino Luciani, Jean-Paul 1er, mort trop tôt également pour Belluno qui lui a consacré les portes en bronze de la cathédrale.

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