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» Mediterranea è meglio
Par Valentina Tesi

Le régime méditerranéen, connu aussi sous le nom de régime crétois, connaît un succès toujours plus important. Symbole d’un style de vie et de préférences pour certaines aliments considérés comme indispensables à un bon équilibre alimentaire. L’Italie reste toujours le pays phare dans la défense du bien manger.

Tout le monde se souvient de la couverture de l’hebdomadaire New York Times d’il y a quelques années représentant un énorme steak ruisselant de graisse surmonté d’un bon morceau de beurre. En face, de manière sournoise, un plat de spaghetti baignant dans l’huile d’olive.
L’hebdomadaire américain illustra ainsi l’opposition entre « régime du nord » et régime méditerranéen, énième comparaison entre hamburgers et pâtes. Des médecins américains ont en effet mis sur la sellette la validité du régime méditerranéen, convaincus que les véritables responsables des kilos en trop ne sont pas les graisses, mais les carbohydrates complexes comme les pâtes, la pizza, le pain. La réaction des Italiens ne se fit pas attendre et pour le responsable italien de la sécurité alimentaire européenne de l’époque, Giorgio Calabresi, aujourd’hui membre de l’Autorité européenne pour l’Alimentation qui a son siège à Parme, la situation est claire : « Les Italiens vivent 10 ans de plus que les Américains et l’obésité des Américains n’est que le résultat d’une diète décousue basée justement sur trop de graisses et de protéines et peu de carbohydrates complexes ».
Dans la guerre des fourchettes, le consommateur est toujours le dernier à connaître la vérité et surtout à savoir comment manger correctement ; il fait donc les frais des intérêts économiques qui se cachent derrière tous ces modèles alimentaires. Calabresi résume : « Derrière les affirmations des médecins américains apparaît l’ombre des lobbies alimentaires américains. Ce n’est rien d’autre qu’une stratégie commerciale américaine pour faire repartir l’industrie alimentaire basée sur les graisses et les protéines, au détriment des céréales et des légumes, propres au régime méditerranéen ». Par ailleurs, comment pourrait-on ignorer le fait que l’Italie, avec ses 2 920 157 tonnes par an, est le premier producteur de pâtes au monde et avec 714 000 tonnes d’huile, le principal consommateur d’huile d’olive ?
« Dans les faits, la dictature du steak a pris fin dans les années 70, après les Jeux Olympiques de Munich. L’image typique de l’époque était celle du sportif conquérant et musclé dont l’arme secrète était composée de protéines nobles, provenant donc de la viande rouge », nous explique le professeur Calderone, spécialiste en la matière. En effet, il dirige depuis de nombreuses années le département de médecine de l’Institut de science du sport du CONI (Comité Olympique National Italien). Le professeur Calderone donne à ses champions de copieux plats de pâtes servies exclusivement avec des tomates fraîches et un filet d’huile d’olive.
La réalité montre bien que la tradition alimentaire méditerranéenne plaît. Et cela est confirmé par les nombreux produits appréciés dans le monde entier comme la mozzarella italienne, la moussaka grecque, la paella espagnole et le couscous nord-africain. C’est une diète riche en fibres qui évitent les excès de calories et comporte des céréales comme les pâtes, le riz, la semoule et l’épeautre, des légumes dont la tomate bien sûr et des fruits, en particulier les agrumes, oranges et citrons. Sans oublier le yaourt, le miel, les olives, les fromages, les figues et les noix. Cette diète est pauvre en sucre et les graisses animales ou saturées sont quasiment absentes, judicieusement remplacées par « l’or liquide », l’huile d’olive, à consommer de préférence crue. La boisson la plus saine, si consommée avec modération, est le vin rouge. Le régime méditerranéen fait peu appel à la viande et la préfère de toute façon blanche (poulet, dinde, lapin) et de porc. Le véritable protagoniste est plutôt le poisson, surtout les sardines, les maquereaux et les anchois. À lui seul, le poisson est une panacée pour réduire le cholestérol. C’est un régime encore inégalé, parce qu’équilibré, adapté à tous les âges et capable de diminuer les risques des dites « maladies du bien-être », une longue et triste liste de thrombose, artériosclérose, infarctus, diabète, maladies de l’appareil digestif et obésité.

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