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Radici d'Italia

» Famiglie d’Italia
Par Rosetta Franchetti

La famille italienne : on se plaît à imaginer une mamma entourée de ses innombrables marmots, un père jouant son rôle de patriarche. Mais la réalité est tout autre : divorce, concubinage, faible taux de natalité, envie d’indépendance... À quoi donc ressemble la famille italienne d’aujourd’hui ?

Ce que notre constitution appelle « Une société naturelle fondée sur le mariage » a subi avec le temps de nombreux changements dus à différents facteurs comme l’organisation sociale, économique et culturelle. Tout en restant l’origine de la société et le lieu basique de la socialisation, la famille, semble prendre le chemin, en Italie aussi, d’une nouvelle définition. Chez nous on dit que la mamma est une institution. La famille est le pilier d’une nation où, semble-t-il, les enfants ne veulent pas quitter la maison. Cela est si vrai que pour qualifier le phénomène, on a inventé le terme mammismo, qui a fait le tour du monde. À présent, inexorablement l’Italie pullule de mammoni. Mais est-ce tout à fait vrai ? Quelle est la vraie famille italienne, lieux communs mis à part ? L’ISTAT, Institut national de la statistique en Italie, la définit comme « cet ensemble de personnes unies par des liens de mariage, de parenté, d’affinités, de tutelle ou d’affection, habitant ou ayant demeure dans la même commune ». Cette définition est déjà le reflet d’un phénomène, en cours depuis quelque temps, de changement par rapport à sa forme traditionnelle (mari, femme, enfants) et d’augmentation d’aspects nouveaux (par exemple famille monoparentale, concubinage, etc). Ce processus a conduit à l’augmentation du nombre de familles (devenues en 2001 environ deux millions) et à la diminution de ses membres (2,6 personnnes par famille).
C’est avec quelqu’un dont la tâche consiste à suivre statistiquement la situation sociale italienne que nous en avons parlé : le docteur Maria Castiglioni, professeur de Démographie et Statistique sociales à l’Université de Padoue, coauteur avec Marzio Barbagli et Giampiero Dalla Zuanna, du livre «Fondare una famiglia in Italia. Un secolo di cambiamenti».

Comment a évolué au cours de ce dernier siècle la manière de fonder une famille en Italie ?
Beaucoup de choses ont changé au sein de la famille, on s’aperçoit cependant que pour de nombreux comportements il y a des continuités avec le passé.
Par exemple, voici un siècle, les jeunes Italiens quittaient leurs parents plus tard que leurs contemporains du Nord et du Centre de l’Europe comme c’est encore le cas (29 ans pour les garçons et 24 pour les filles, France 23 ans / 21 ans, Grande-Bretagne 23,7 ans / 21,8 ans). L’âge du mariage n’était pas si bas, hormis l’exception de l’après-guerre, quand l’âge des jeunes femmes tournait autour de 23 ans après être resté longtemps entre 24 et 25 ans. Dans le passé, de nombreux rites autour du mariage (grands banquets et voyages) permettaient aux communautés de célébrer d’un côté leurs liens sociaux internes et leur sentiment d’appartenance et de l’autre le changement de statut des nouveaux époux. Cette dernière manière de célébrer avec les communautés d’appartenance (familles, amis, collègues, personnes proches) continue encore en Italie aujourd’hui.

Quelle est a contrario la situation actuelle ?
L’âge des noces comme par le passé n’est pas si bas. Dans les années ‘90 on parle de 30 ans pour les garçons et de plus de 27 pour les filles. Nous assistons en revanche à l’abaissement de l’âge des premières expériences sexuelles pour les femmes (de 22 à 19 ans environ) ce qui l’approche de celui des hommes demeuré constant au cours du XXe siècle, autour de 18 ans. Et pourtant lorsque l’on compare avec les autres nations il persiste une différence que l’on n’enregistre pas dans les autres pays. Un autre élément qui se répand est le concubinage entre jeunes et l’augmentation de jeunes garçons qui demeurent dans leurs familles d’origine. En outre, aujourd’hui, nombreux sont les jeunes couples qui vont habiter seuls et certains rites tels que le repas de noces – avec un nombre croissant d’invités - et le voyage de noces sont pratiquement universels.

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