» Des biscuits
au goût d’antan
Par Rocco Femia
De la farine, du sucre, des œufs et des amandes, rien que des ingrédients simples. Mais qu’est-ce qui fait donc le secret des savoureux biscotti di Prato?
Au début du XXe siècle,
les biscuits de Prato étaient déjà
connus hors des murs de la ville et les visiteurs étrangers
en raffolaient. Résultat d’une recette extrêmement
raffinée ou d’un marketing avisé ?
Le mérite en revient principalement à un
personnage hors du commun, Antonio Mattei, qui ouvrit
en 1858 une biscuiterie Via Ricasoli, dans la ville de
Prato, non loin de Florence. Il commença à
produire, d’après une recette personnelle,
des biscuits traditionnels aux amandes, les fameux biscotti
di Prato plus connus dans le monde sous le nom de cantucci
ou cantuccini. Mattei n’était pas un simple
pâtissier, mais bien une personne cultivée,
ami du grand Pellegrino Artusi, auteur du livre de cuisine
italien le plus célèbre « La
scienza in cucina e l’arte di mangiar bene. Manuale
pratico per le famiglie compilato da Pellegrino Artuso.
790 ricette e in Appendice : La cucina per gli stomachi
deboli ». Il réussit à faire
la réclame de ses biscuits en les présentant
à des expositions à Londres, à Paris
et dans toute l’Italie et il reçut de nombreux
prix et reconnaissances. Sa recette faisait des biscotti
di Prato des biscuits rustiques et plutôt durs,
légèrement tendres à la dégustation.
Le succès ne se fit pas attendre et rapidement
ces biscuits devinrent i biscotti di mattonella, du nom
qui, à Prato et dans toute l’Italie, sert
encore à indiquer les cantucci cuits dans le four
de Mattei.
Nul ne sait avec précision pourquoi ils furent
appelés ainsi, peut-être à cause de
l’habitude toscane de déformer les noms ou
de les surnommer. On suppose, et c’est l’hypothèse
la plus probable, que, suite à des travaux de restauration
dans les années vingt, les briques exotiques qui
furent posées sur la façade de la boutique
frappèrent la curiosité des passants et
incitèrent les gens à surnommer le four
de Mattei mattonella (brique). Un siècle et demi
après, le four est toujours là où
Mattei l’avait ouvert et il est géré
depuis trois générations par la famille
Pandolfini qui met un point d’honneur à respecter
les recettes du fondateur et des grands-parents qui ont
repris la boutique au début du XXe siècle.
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