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Radici d'Italia: Rocco Femia

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Par Rocco Femia

Ces dernières semaines, l’Europe a vécu et vit encore des moments de grandes interrogations. Il serait vain de le nier, le coup d’arrêt donné à la Constitution par le non des Français et des Hollandais entraîne des questions qui attendent des réponses efficaces et à la hauteur du défi lancé par les électeurs. Certes, il est facile de dire que le résultat du référendum français est le fruit de questions qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’Europe : l’état de l’économie nationale, le malaise social, la vague peur de se confronter à des cultures différentes (comme celle de la Turquie), les incertitudes quant au futur pour les jeunes générations. Il est plus qu’évident que toute une classe politique, et pas seulement française, doit prendre acte de l’incapacité à ne pas savoir expliquer aux Européens les raisons et les avantages de l’intégration, faisant ainsi de l’Europe le bouc émissaire responsable de tous les problèmes que l’on a chez soi. On alimente depuis de nombreuses années le mythe d’une « super technocratie » européenne (en réalité, pas plus de 25 000 personnes en tout) ou d’une Union incapable de résoudre les problèmes socioéconomiques du continent (tout en disposant d’un budget total qui s’élève à un peu plus de 1 % du PNB européen). Et ne parlons pas de l’euro et du pacte de stabilité, cibles faciles pour dissimuler l’échec des politiques économiques nationales.
Malgré tout cela, ce serait une très grave erreur de sous-évaluer l’importance du verdict du référendum. Certes, l’Union ira de l’avant et pourra de toute façon fonctionner sur la base du Traité de Nice, mais le message des urnes est clair : les citoyens européens sont devenus méfiants vis-à-vis de l’Europe et ils ont tendance peut- être à la considérer parfois en termes d’obstacles plutôt que de ressources. Et que dire de ceux, nombreux, qui ont voté pour « une autre Europe », qui tiendrait compte notamment des priorités sociales. Le signal donné pourra peut-être servir à résoudre et atténuer les ambiguïtés notables qui subsistent encore dans nos pays (à commencer justement par la France) découlant de la tentative de conjuguer des intérêts nationaux tactiques, souvent à court terme, avec le choix stratégique de l’intégration européenne. Alors que nous bouclons ce numéro de RADICI, nous apprenons avec regret que ce qui devait être un banc d’essai salutaire, ne serait-ce que pour l’image, à savoir la distribution des fonds communautaires, a révélé une fois de plus les ambiguïtés et l’égoïsme qui continuent à régir les choix de nos hommes politiques. Une nouvelle initiative politique élevée est plus que jamais nécessaire, comparable, peut-être à celle des pères fondateurs de l’Europe, avec Jean Monnet qui, en 1950, posa les fondations de l’Europe unie. À l’époque, tout comme aujourd’hui, peu de valeurs mais essentielles : réconciliations, paix, liberté et solidarité. Valeurs toujours d’actualité mais qui n’attendent qu’à être vécus et mises en pratique.
C’est seulement à ce moment-là que l’Europe des citoyens pourra dire OUI.

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Editalie Sarl © 2004 - Tous droits réservés

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