» Imperia,
une rivièra d’or
Par Flavio Apriglianese
Tout comme son
huile qui est la marque de son histoire et de sa saveur.
Couleurs voyantes et parfums intenses,
comme ceux des fleurs. Saveurs riches et fortes comme
celles des pâtes et de l’huile, préparée
avec des olives qui naissent et grossissent sous le soleil
de cette terre léchée par la mer. Imperia
est vraiment un microcosme parfait où se fondent
deux univers : celui du port pittoresque de San Maurizio,
qui se dévoile, avec ses maisons sur l’eau,
et qui conserve toutes les atmosphères du passé ;
et puis il y a celui, plus moderne, d’Oneglia, qui,
du haut de ses collines, surveille, souverain et toujours
affairé, le temps qui s’écoule. Le
plus souvent, on connaît Imperia pour un événement
très particulier : L’infiorata, à
l’occasion de la Fête-Dieu le 2 juin, lorsque
la ville revêt son habit de fête. Une étendue
infinie de pétales de fleurs multicolores, disposés
selon une mise en scène parfaite de dessins et
de formes, tapisse la rue principale du Port San Maurizio,
pour disparaître ensuite sous les pas de la lente
avancée de la procession traditionnelle. Mais Imperia
surprend toute l’année, même en hiver,
avec ses couchers de soleil qui se teintent de mille et
une nuances. Qui ne s’est pas émerveillé,
au moins une fois, sur le parcours de l’autoroute
qui, après Menton, mène à Vintimille
pour arriver à Imperia ? Le port possède
un charme tout particulier, comme s’il était
hors du temps, avec ses restaurants de poisson traditionnels,
cachés sous les arcades, juste devant le bord de
mer, avec ses petites places typiques. Des escaliers de
toute taille remontent vers la montagne, et se fondent
au milieu des couleurs pastel des maisons, où des
femmes étendent flegmatiquent leur linge. Bercés
par la brise marine, qui elle seule sait éveiller
et charmer les sens, on découvre des monuments
d’une incroyable beauté, comme le Dôme
de San Maurizio, la plus grande église en Ligurie,
construite en 1781, le couvent des Clarisses du 18e siècle,
où il convient de s’attarder longuement sous
le merveilleux portique à arcades. À Oneglia,
on retrouve au contraire le vacarme citadin. Il est le
miroir qui reflète la face plus moderne d’Imperia.
Sur la Piazza Dante, on peut se promener entre les arcades
qui encerclent la fontaine centrale, construite en 1820
et appelée Rondò, à cause de sa forme
arrondie. Si on lève les yeux, on peut apercevoir
le Palais Communal, de forme pseudomédiévale
et achevé, entre diverses adversités, seulement
en 1890. Sur la petite tour centrale, on distingue les
armoiries d’Oneglia.
Le palais est aujourd’hui le siège de bureaux
communaux et d’associations culturelles. La commune
avait son siège ici, jusqu’à ce que,
en 1923, la ville soit unifiée au Port San Maurizio.
Non loin de là, sur la Piazza De Amicis, on découvre
un autre palais important. C’est ici que naquit,
en 1846, l’écrivain De Amicis, connu entre
autre pour son livre Cuore. Le Palais du Tribunal, lui
aussi très beau, aujourd’hui siège
des bureaux judiciaires, frappe par son architecture sévère.
Les arcades s’arrêtent devant l’édifice
qui est certainement le plus populaire de toute la ville
d’Imperia : Le Palais Doria, vieille habitation
de seigneurs féodaux, transformée en demeure
seigneuriale de la Renaissance. Ici naquit, en 1466, un
autre personnage célèbre : Andrea Doria,
grand amiral et homme politique, qui passa la majeure
partie de sa vie en mer et en voyage, avant de retourner
dans sa ville en 1538. Et c’est justement entre
ces murs qu’il reçut des invités aussi
fameux que Paul III et l’Empereur Charles V.
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