» Nous avons besoin
d’eux
Par Rocco Femia
Ils étaient seulement
140 000 en 1970. Puis ils sont passés à un million en 1997,
et presque 3 millions en 2005, représentant ainsi 5 % de la
population. Voici donc les premières données qui se dégagent
des chiffres du nouveau « Rapport statistique sur l’immigration
2005 » réalisé par la CARITAS italienne et la Fondation Migrantes.
Radici vous en
livre en avant-première le contenu. Comme chaque année, les
voyages rocambolesques des rafiots débordant d’immigrés ont
rempli les pages des quotidiens narrant les histoires tragiques
de ceux qui, inlassablement, tentent d’aborder nos côtes en
quête d’un avenir meilleur
Histoire, chiffres et perspectives
L’histoire de l’immigration en Italie remonte à
plus de trente ans, et pourtant notre pays n’a pas encore
élaboré une politique adéquate pour affronter
énergiquement ce qui est désormais devenu une
réalité incontournable. Aux appels de ceux qui
dénoncent depuis longtemps cette grave lacune tout italienne
s’est ajoutée la voix de la Caritas (organisme
pastoral de la Cei, la Conférence épiscopale italienne),
qui nous a transmis en avant-première les chiffres du
Dossier statistique immigration 2005, réalisé
avec la Fondation Migrantes, et dont la présentation
à la presse est prévue pour le 27 octobre prochain.
Le rapport affirme que si l’Italie accueillait 140 000
immigrés en 1970, elle en dénombre aujourd’hui
au moins trois millions : c’est-à-dire trente fois
plus. Une présence qui était marginale dans la
société italienne et qui est désormais
devenue un des phénomènes les plus importants.
Un chiffre qui se rapproche de la moyenne européenne
(5 %), mais qui reste encore très loin des pourcentages
de la France et de l’Allemagne (9 %). Au plan démographique,
le rapport a souligné que le quota annuel de 159 000
nouveaux travailleurs fixé pour 2005 équivaut,
proportionnellement à la population résidente,
à un million d’entrées annuelles aux États-Unis.
En d’autres termes, l’Italie est désormais
devenue un grand pays d’immigration, et il est temps de
se doter d’une politique à la hauteur de la réalité.
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