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Radici d'Italia: Festival de Villerupt
 

» Ma plus belle récompense
Propos recueillis par Rocco Femia et Marion Deltheil
Gianni Amelio, invité d’honneur au Festival de Villerupt en 1999, nous livre son sentiment au sujet de son dernier chef-d’œuvre Le chiavi di casa qui a a envouté la critique et le public en Italie et en France.

Vous ne passez pas pour être un cinéaste prolifique, bien au contraire.
« Je ne fais pas de films pour la gloire, ni même pour l’argent, les villas en Sardaigne ne m’intéressent pas », affirme en souriant Amelio, Calabrais de 60 ans, originaire de San Pietro Magisano, dans la province de Catanzaro. « Si je tourne un film, c’est parce que je ressens le besoin de dire quelque chose. Et ce qui me plaît, ce sont les films qui viennent des tripes, ceux qui touchent le cœur avant l’intellect.

Colpire al cuore : c’est véritablement avec votre premier film que vous avez conquis la critique et le public il y a plus de vingt ans. Ont suivi ensuite Porte aperte, Il ladro di bambini - grâce auquel vous avez remporté le Grand Prix à Cannes - Lamerica, Così ridevano en 1998. Pourquoi avez-vous mis plus de temps que d’habitude, presque six ans ?
« J’avais un contrat pour réaliser un film avec Vittorio Cecchi Gori. J’allais chez lui pour lui dire comment j’aurais souhaité faire certaines choses ou en changer d’autres. Il m’écoutait, intéressé, et me disait ensuite qu’il lui fallait encore un peu de temps, que nous commencerions très vite les prises… Je suis reconnaissant envers la RaiCinema, qui a récupéré le projet, me permettant ainsi de le réaliser. Puis il y a eu le problème, essentiel, de l’adaptation du livre de Giuseppe Pontiggia, Nati due volte ».


Pourquoi ? Pontiggia ne partageait-il pas votre point de vue ?
« Au contraire ! Dommage qu’il soit mort sans avoir pu voir le film. Le problème venait plutôt de moi : l’histoire d’un père et de son fils handicapé… Trop subjectif, trop personnel. Jamais je n’aurais pu reconstituer ce que l’écrivain avait vécu dans sa propre chair. J’ai alors créé mon propre rapport avec ce texte. Trintignant, l’interprète de Colpire al cuore, me disait lors du tournage, que « j’habite » mes personnages. Il avait raison. Et cette fois-ci, c’est la rencontre avec Andrea Rossi qui fut fondamentale pour moi ».

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