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Radici d'Italia: Turin
Radici d'Italia: Turin1

» Turin cherche sa voie…
Par François-Régis Lorenzo
Berceau de l’Italie contemporaine, le Piémont garde secrètement et jalousement ses trésors, bientôt mis en lumière avec les Jeux Olympiques d’hiver de 2006. L’occasion pour nous de s’arrêter un instant pour contempler les merveilles d’une région discrète, mais authentiquement belle.

Passé simple et futur proche. « Quelle ville digne et sérieuse (…). Tout porte la marque du calme aristocratique ; une unité de goût, jusque dans la couleur (…). Une ville pour les pieds comme pour les yeux, un lieu classique » écrit Nietzsche à Peter Gast les premiers jours d’avril 1888. C’est dans cette ville qu’il trouve la force d’écrire ses plus belles pages et c’est Piazza San Carlo qu’il sombrera définitivement dans la folie. Étrange ironie du lieu qui oppose à la folie du philosophe allemand l’équilibre de la place dessinée par Carlo Castellamonte en 1640, l’harmonie de ses lignes et le dynamisme des façades baroques des deux églises Santa Cristina et San Carlo qui l’enclosent. Étrange ironie d’une ville faite d’ombres et de lumières, où l’agencement des corsi et des vie semble fait autant pour se perdre que pour se retrouver. Ironie de l’histoire : ce dédale de pierres et d’arcades cache aussi son monstre mythologique. Le taureau, symbole de Turin, est là pour rappeler les fondements de Taurasia par l’ancienne tribu ligure des Taurini. La ville est un labyrinthe de rues orthogonales dont le tracé régulier est hérité du Castrum de la colonie romaine et des transformations baroques qui suivirent sa promotion en 1563 au rang de capitale des États de la maison de Savoie. Même le Pô, qui ignore à ce stade de sa route un destin national, semble intimidé par autant de rigueur et de sévérité. Il ralentit un temps sa course, semble hésiter, faire un détour du côté de Carignano ou Carmagnola, se dissipe une dernière fois dans les méandres du parc fluvial de La Loggia en bavardant avec les torrents Chisola, Banna et Sangone avant de prendre un dernier tournant à Moncalieri, entrer dans l’histoire Corso Unità d’Italia et se décider enfin à rentrer dans la ville, droit, discipliné et royal.

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