Revue d'actualité, culture et civilisation italiennes

 
 
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Radici d'Italia
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» Cette Italie qui m’en chante
Par Maurizio Targa
Un siècle d’émigration italienne, et peut-être autant de chansons qui témoignent de cette période marquante pour la Péninsule. Les morceaux musicaux composés alors ont gravé à jamais les anecdotes et les drames liés à cette phase d’exode.
Aujourd’hui encore, leur succès n’a pas faibli…

Italiens, peuple migrant : un phénomène certes ancien, mais qui a pris des proportions de véritable exode durant les dernières décennies du XIXe siècle. L’émotivité de notre peuple donna au phénomène un caractère mélodramatique : l’émigrant devint le héros d’une saga populaire, marquée par les larmes, qui dramatisait souvent la condition du méridional, appartenant au peuple rejeté. Beaucoup de morceaux musicaux ont symbolisé cette époque. Arrêtons nous sur quelques exemples.
“Mamma mia dammi cento lire / che in America voglio andar / cento lire te le do, ma l’America no no no…” / (Maman, donne-moi cent lires / parce que je veux aller en Amérique / je te donne ces cent lires, / mais en Amérique non, non, non).
Outre les remarquables cent lires (320 aujourd'hui) qui servaient alors pour le voyage, le chant met en évidence l'angoisse de la mère qui reste consciente qu'une fois son fils parti, elle ne le reverra probablement plus. Combien de mères ont pleuré ce 6 août 1906 quand le Sirio, un des bateaux à vapeur les plus modernes de la flotte italienne, partit du port de Gênes, avec à son bord près de 2000 émigrants en direction de l’Amérique et heurta un rocher avant de couler. Presque 300 personnes, selon la compagnie d’assurance, ou 700, selon les journaux de l’époque, périrent noyés ou disparus. La ballade qui rappelle le drame est très connue dans tout le nord de l’Italie, et rend très bien compte de ce qui fut le « Titanic » italien, injustement peu mentionné, peut-être parce qu’il n’était pas aussi étincelant que le plus célèbre et majestueux des transatlantiques :
E da Genova il Sirio partivano / per l’America, varcare, varcare i confin … / E da bordo cantar si sentivano / tutti allegri del suo, del suo destin / Urtò il Sirio un orribile scoglio / di tanta gente la mise, la misera fin...
(Et ils partirent de Gênes à bord du Sirio / Pour l’Amérique, dépasser, dépasser les frontières … / Et à bord, ils avaient le cœur à chanter / Tous contents de leur, de leur destin / Le Sirio heurta un horrible rocher / Et pour tant de gens ce fut la fin).
Santa Lucia lontana qui date de 1919, deviendra très vite l’hymne des émigrants, tout comme Trenta giorni di nave a vapore (30 jours, c’est en effet le temps que l’on mettait pour accomplir la traversée tant rêvée), et Lacrime napuletane, un des morceaux qui exprime le mieux l’angoisse de l’adieu à sa propre terre.

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