» L’art
d’aimer selon Benigni
Par Jean-Louis Marechal
Dans son dernier
film Benigni se déchaîne comme jamais et
nous invite à suivre les pas d’un poète
surprenant pour qui la vie n’a pas de prix sans
l’Amour.
J’ai eu le privilège de voir
Le tigre et la neige en Italie, juste au moment de la
sortie du film. Après La Vita è bella et
Pinocchio, toute la péninsule s’est à
nouveau précipitée à la rencontre
de Benigni dans le rôle d’Attilio, poète
follement épris de Vittoria, une femme de rêve,
enfin rencontrée, mais qui lui échappe.
Quand il apprend qu’elle est hospitalisée
à Bagdad, en train de lutter contre la mort, il
vole à son secours. Sous les décombres et
les bombardements, le poète désarmé
et désarmant franchit tous les barrages, invente
mille astuces et met tout en œuvre pour sauver la
belle Vittoria, interprétée par Nicoletta
Braschi, l’épouse du cinéaste. Le
film revêt du même coup la force d’un
témoignage éminemment personnel et Benigni
s’y livre sans réserve, avec cette fois-ci
comme toile de fond, non plus l’enfer d’un
camp d’extermination, mais la guerre d’Irak.
Dans ce conte de fées aux impossibles splendeurs
orientales, il est protagoniste et metteur en scène,
tour à tour père, amant, époux, chirurgien,
professeur, mais toujours poète. D’éclats
d’obus en éclats de rires, il nous conduit
au bord du gouffre, là où personne ne voudrait
aller : c’est dans un mouroir, au chevet de Vittoria
sans vie que l’acteur affirme et célèbre
la Vie, tout en risquant la sienne, par amour !
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