» OVERDOSE
Par Marcelle Padovani
Con questa nuova
rubrica «L’opinione di...», Radici
da la parola ai vari corrispondenti dei grandi giornali
francesi in Italia. Una maniera di capire le varie realtà
italiane attraverso lo sguardo, ogni volta diverso, dei
colleghi francesi. In questo primo appuntamento, Marcelle
PADOVANI, Corrispondente a Roma del Nouvel Observateur
ci condivide la sua opinione.
Familier, volubile et confidentiel, avec
son allure de voisin de palier chaleureux et communicatif,
une personne en tout cas avec laquelle on peut converser
de tout et de rien : c’est avec ces caractéristiques
rassurantes que Silvio Berlusconi s’est offert à
son public toutes chaînes confondues du 10 janvier
au 11 février dernier, . juste avant que n’entre
en vigueur la “par condicio” qui fixe des
règles sévères de temps d’antenne
pendant la campagne électorale. Il a même
frôlé l’overdose, Berlusconi, avec
seize apparitions télé et cinq radio. Mais
il a enfin réalisé son rêve : occuper
le petit écran sans interruption (pour l’émission
“L’incudine” sur Italia Uno, il s’est
exprimé sans s’arrêter pendant trois
heures). Il est vrai que les législatives approchent
: elles ont été fixées aux 9 et 10
avril prochains.
Certains diront : cette occupation du petit écran,
c’est son droit, puisqu’il est propriétaire
de trois chaînes privées. Mais il a réservé
le même traitement aux trois chaînes publiques.
Et ce qu’il y a dit n’était pas tant
une explication circonstanciée de ses années
de gouvernement, qui aurait pu être légitime,
qu’une attaque en règle de l’opposition,
dénoncée comme “communiste”,
“complice de Staline”, “corrompue”
à l’égal de autres forces politiques,
pire même, puisqu’elle bénéficie
de la complicité des “juges rouges”
qui enterrent les enquêtes la concernant. Toutes
accusations non démontrables, évidemment,
mais qui introduisent un “climat de suspicion diffuse
et de méfiance a priori à l’endroit
de la classe politique”, comme le souligne Andrea
Ranieri, du secrétariat du PDS, parti démocratique
de la gauche.
Dans un pays où le goût de la légalité,
le sens de l’intérêt collectif et le
civisme sont loin d’être des valeurs enracinées,
les propos de Berlusconi, répercutés de
façon obsessionnelle à la télé
(“Ce qu’on répète régulièrement
à la télé finit par avoir une aura
de vérité”, soutient Carlo Freccero,
professeur de Sciences de la Communication à Rome),
n’ont fait qu’alimenter le “qualunquismo”
atavique des Péninsulaires.
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