» L’Islam
qui ne fait pas peur
Propos recuellis par Rocco Femia
L’islam
vient d’être secoué par la publication
des caricatures danoises, le « réveil nucléaire
» de l’Iran, la prolifération des écoles
coraniques - les madrasses - au Pakistan… Certes
il faut se protéger et vaincre l’Islam plus
violent et fanatique. Mais existe-t-il encore un Islam
de la clémence et de la miséricorde ? Le
constat des cinq années de voyages de Michele Zanzucchi,
journaliste et écrivain, dans des pays à
majorité musulmane est simple : l’Islam est
véritablement pluriel.
Récemment publié en Italie
par les éditions San Paolo, le livre de Michele
Zanzucchi « L’Islam che non fa paura »
( L’Islam qui ne fait pas peur), est un voyage dans
l’Islam d’aujourd’hui avec des interviews
à des chefs religieux, des personnes ayant une
influence sur l’opinion publique et des intellectuels
universitaires musulmans qui prônent un islam de
paix et de réconciliation. Normalement, la voix
des chefs les plus conciliants est étouffée
par celles des factions les plus fanatiques. Michele Zanzucchi
a voulu leur donner la parole pour présenter le
visage de l’islam suivi par la plus grande majorité
du milliard de fidèles musulmans, un islam contre
le choc des civilisations.
À la lumière
des derniers événements provoqués
par les caricatures danoises, qui ont entraîné
des phénomènes de violence diffuse, avec
l’assassinat de Don Andrea Santoro en Turquie et
de deux coopérants italiens en Afghanistan, pour
ne pas parler du dernier épisode de violence en
Libye envers les Italiens du consolat de Benghazi, est-il
encore possible de parler d’un islam qui ne fait
pas peur ?
Oui, il existe assurément. Ce livre est le fruit
de cinq années de voyages et de recherches dans
une grande partie du monde à majorité musulmane.
Au cours de mon voyage, j’ai rencontré des
personnalités mais surtout de simples citoyens
qui me semblaient représenter le visage le plus
tolérant, le plus miséricordieux, le plus
simple de l’islam. L’islam, pour être
bref, de la clémence et de la miséricorde.
Certes, ce titre ne veut pas nier qu’il existe un
islam qui fait peur, loin de là, il en présuppose
même l’existence. Je pense qu’il faudrait
utiliser une préoccupation de langage : plutôt
que d’un islam qui fait peur, il faudrait dire que
c’est une partie de ceux qui se réfèrent
à l’islam qui fait peur. Ce n’est pas
l’islam en soi.
Et pourtant les nouvelles
de ces derniers jours ne semblent pas confirmer ce que
vous dites.
Il me semble cependant que les circonstances actuelles
devraient nous pousser à souligner, à mettre
en lumière tous les musulmans qui sont pour le
dialogue, la paix et la miséricorde. Et ils sont
beaucoup plus nombreux que ce que l’on croit, beaucoup
plus que ce que nous, journalistes, faisons croire en
cette période… Fetullah Güllen, un mystique
soufi, qui a fondé un mouvement de plusieurs millions
de personnes dans le monde, se bat pour un dialogue non-stop
entre chrétiens et musulmans pour la paix et la
fraternité universelle. À Smyrne, Sabahat
Aksiray, a mis en place le seul centre pour enfants autistes
de la Turquie, et il anime une confraternité absolument
pacifique, je dirais même portée par l’amour.
Je les ai interviewés tous les deux pour ce livre,
mais qui les connaît en Europe?
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