» Trop de
chefs, pas assez de leaders
Par Paolo Lòriga
Les experts
prévoient un vide politique au moment même
où de vrais guides commencent à manquer
sur la scène internationale et dans notre pays.
Comment y remédier ? Comment de grandes personnalités
peuvent-elles se révéler ?
En réalité, cela n’a
pas été une idée géniale.
Plutôt un choix extrêmement facile. Rédiger
une liste des véritables leaders encore en vie
aurait été une tâche plus ardue que
celle de dresser le classement des tyrans de la planète.
C’est ainsi que cette année, l’hebdomadaire
américain The New Republic a décerné
la palme du despote à Kim Jong II, guide suprême
de la Corée du Nord. Derrière lui, on retrouve
un visage peu connu, celui d’Alexander Lukashenko,
président de la Biélorussie, qui a devancé
de vieilles connaissances, comme Muhammar Gheddafi, père
de la Libye, Robert Mugabe (Zimbabwe), l’inoxydable
cubain Fidel Castro, le président iranien débutant
Mahmoud Ahmadinejad et le général Than Shwe,
au pouvoir avec un conseil militaire, au Myanmar, en ex
Birmanie.
D’autre part, si vous faites une recherche sur Internet,
en rentrant le mot leadership (qui signifie « capacité
de commander » en italien), vous trouverez presque
dix millions de réponses.
Si vous vous rendez sur l’une des nombreuses bibliothèques
accessibles depuis votre ordinateur, la liste dépassera
les 10 000 titres. Sans s’obstiner à tous
les passer en revue, on s’aperçoit tout de
suite que toute cette abondance cache une grande pénurie.
Sur notre planète, il existe malheureusement peu
de leaders. En politique et en culture – précisent
les experts – les personnes capables d’avoir
une haute vision et une inspiration solide font défaut.
Les sociétés et les entreprises sont à
la recherche de guides efficaces, attachés aux
valeurs fondamentales, alors qu’auprès des
associations et des familles on recherche des personnes
ayant confiance en elles , et capables de nouer d’authentiques
relations personnelles.
Recherche leaders
« Je cherche un homme, » s’exclamait
Diogène, une lanterne à la main, au quatrième
siècle avant J.-C.
En ce début d’année, des annonces
dans les pages économiques des quotidiens ne suffiraient
pas à trouver des leaders d’appellation d’origine
contrôlée.
2006 s’annonce vraiment comme une année vide
de pouvoir. Évidemment, nous parlons de pouvoir
politique, fort, légitime, qui fait véritablement
défaut cette année, au moment où
justement on en a désespérément besoin.
En effet, certains leaders politiques, comme Blair et
Chirac, arrivent à la fin de leur mandat. L’Allemand
Schröder, après la défaite électorale,
a fait ses adieux, et la nouvelle chancelière Angela
Merkel est aux prises avec une coalition aussi grande
que difficile à gérer. Pour cette année
en cours, le Brésilien Lula pourrait se maintenir
à la présidence, alors que Berlusconi est
déjà parti du Palais Chigi, mais tous les
deux ne jouissent plus de leur popularité passée.
En Terre Sainte, après Arafat et Sharon, on s’achemine
vers l’instabilité. Le Japon, deuxième
économie mondiale, devra saluer en septembre prochain
le Premier ministre sexagénaire Junichiro Koizumi,
qui laissera son poste au gouvernement, comme le prévoit
le statut de son parti. En Amérique latine, vont
se dérouler en cours d’année pas moins
de seize élections présidentielles.
Les puissances émergentes, la Chine, l’Inde,
la Russie et le Brésil, reposent sur des bases
encore fragiles et sont, pour le moment, davantage concentrées
sur des préoccupations régionales que sur
des grandes questions globales.
Pour Bush, enfin, on constate un isolement croissant et
une baisse importante de consensus.
Si ensuite, on s’intéresse aux organismes
mondiaux, l’année 2005 nous a laissé
en héritage une ONU avec d’évidentes
difficultés de réforme, une Organisation
Mondiale du Commerce, sortie de manière peu fructueuse
de son dernier sommet à Hong Kong, sans parler
de l’Union européenne qui a subi l’échec
du Traité Constitutionnel.
En fin de compte, il manque des visions stratégiques
clairvoyantes. Il faut espérer trouver des leaders
influents ayant une vision claire du futur.
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