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Radici d'italia : Romano Prodi et Silvio Berlusconi

» Les élections de 2006 en Italie
Par Philippe Foro
Les 9 et 10 avril derniers, le peuple italien était appelé aux urnes afin de renouveler son Parlement, Chambre des députés et Sénat. Il avait à choisir entre une coalition de centre-gauche, dirigée par Romano Prodi et la majorité sortante, conduite par Silvio Berlusconi. Lors de la décennie 1996-2006, les deux hommes ont été aux affaires en Italie. Romano Prodi a été président du Conseil d’avril 1996 à octobre 1998, abandonné par une partie des députés de Rifondazione comunista et contraint à la démission, alors que Berlusconi a pu se maintenir au pouvoir tout au long de la législature mai 2001-avril 2006, exploit rare dans la vie politique italienne de l’après-guerre, seul Alcide De Gasperi l’ayant réussi lors de la législature 1948-1953.

Dans le numéro précédent, nous avons eu l’occasion de présenter le parcours de Berlusconi jusqu’à sa démission de la présidence du Conseil en décembre 1994. Attachons-nous maintenant à observer le parcours de Prodi. Celui-ci est né en 1939, dans la petite ville de Scandino, en Émilie-Romagne, dans une famille de la moyenne bourgeoisie, son père étant ingénieur des ponts et chaussées. Marié depuis 1969, père de deux fils, professeur d’économie à l’université de Bologne (ce qui lui vaut le surnom traditionnel de Professore), il est un éphémère ministre de l’Industrie de novembre 1978 à mars 1979 dans le 4ème ministère du démocrate-chrétien, Giulio Andreotti. En 1982, le président du Conseil républicain, Giovanni Spadolini, le nomme à la tête du vaste complexe industriel de l’IRI (Instituto di Ricostruzione industriale), fondé en 1933 par Mussolini. Prodi occupe ce poste jusqu’en 1987, puis en 1993-1994. C’est au début de l’année 1995 qu’il décide d’entrer de plein pied dans l’arène politique en organisant une coalition de centre-gauche, L’Ulivo (L’Olivier), qui remporte les législatives du 21 avril 1996. De septembre 1999 à septembre 2004, il occupe la fonction de président de la commission européenne sans jamais tout à fait abandonner un rôle d’influence et de critique vis-à-vis de la vie politique italienne. Catholique pratiquant, discret et pondéré, Prodi est favorable à une économie sociale de marché qu’il a défendue dans son ouvrage Le capitalisme bien tempéré.

Confrontés aux polémiques
Les deux hommes ont régulièrement été confrontés à des polémiques. Bien sûr, Silvio Berlusconi. Ses démêlés avec la justice italienne sont connues et largement médiatisées. Il a toujours réussi à éviter la condamnation définitive, bénéficiant souvent de la prescription en première instance ou en appel comme lors de l’affaire de pots-de-vin fournis à l’inspection des Finances ou lors de l’affaire Medusa, au sujet d’un faux bilan financier. En ce qui concerne, Romano Prodi, les polémiques sont d’un autre type. Il lui est reproché d’être passé à côté de l’aventure Airbus lors de sa première présidence de l’IRI en freinant une éventuelle participation italienne et l’Italie est aujourd’hui la grande absente du consortium européen. D’autre part, son passage à Bruxelles n’a pas laissé de souvenir impérissable. Sous le titre Prodi s’en va et personne ne lui dit merci, le journal belge Le Soir écrit : « Durant les cinq ans qu’Il Professore a passé à Bruxelles, la critique s’est, au contraire, souvent fait acerbe. A ses maigres capacités de communication et ses lacunes linguistiques s’est ajouté fréquemment la dénonciation d’un manque d’éclat dans la direction de son équipe (…) ». Lui sont reprochées l’invitation adressée à Kadhafi, la préparation médiocre de l’élargissement, la tentative d’étouffer un scandale de corruption touchant, en juin 2003, l’Office statistique des Communautés européennes.

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