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» Christophe Colomb, l’italien qui a découvert l’Amérique
Par Flavio Apriglianese
2006 est l’année du 500e anniversaire de la mort du navigateur génois. D’innombrables Italiens, de bonne comme de mauvaise réputation, émigrèrent sur les traces du « premier Italien d’Amérique ».
Si l’on s’interroge sur les origines de
Christophe Colomb, la majorité des sources consultables
le disent comme Génois. Seule certitude, il est
né en 1451 en Ligurie. Sa renommée, il
la doit à la découverte de l’Amérique,
où il accosta au terme d’une expédition
financée par la reine Isabelle de Castille en
1492. L’année même qui vit les juifs
obligés de renoncer à leur foi ou de s’exiler
loin de l’Espagne, pendant que mourait à Florence
Laurent de Médicis, dit le Magnifique.
La découverte de l’Amérique, pour les scientifiques, est
considérée comme l’un des cas les plus remarquables de ce
que la langue anglaise appelle « serendipity », un mot qui n’a
pas de réel équivalent dans les langues latines, qui définit
la découverte de quelque chose de différent de ce qu’on recherchait.
Comme tout le monde le sait en effet, Colomb ne cherchait pas l’Amérique,
mais une route maritime qui aurait permis de rejoindre les Indes depuis l’Occident,
rendant ainsi plus efficace et plus rapide le commerce avec ces territoires.
C’était en quelque sorte un chargé d’affaires de la
couronne espagnole qui avait pour mission, dirait-on aujourd’hui, « d'ouvrir
de nouveaux marchés ». La suite de l’aventure est bien connue
: il appareilla depuis le port de Palos à la tête d’une flotte
composée de trois caravelles, bâtiments de tonnage relativement
modeste même si l’on tient compte des normes de l’époque
: la Nina, la Pinta et la Santa Maria. Au terme d’une navigation qui fut
riche en péripéties imprévues (le voyage de Colomb est l’une
de ces épopées « italiennes » que l’on étudie à l’école
en Italie), le 12 octobre 1492, il débarqua sur une île qu’il
rebaptisa San Salvador, dans l’actuel archipel des Bahamas. De son voyage,
il ramena, entre autres, quelques grains de maïs, premier des produits alimentaires
d’origine américaine qui connurent par la suite une rapide diffusion
dans toute l’Europe.
De nombreux pays du continent américain célèbrent, le 12
octobre, la découverte de l’Amérique, et ils le font selon
des modalités très différentes. Dans des pays comme le Venezuela,
on commémore, ce jour-là, la Journée de la résistance
indigène, puisque la découverte de Colomb fut le point de départ
de la colonisation des Amériques par les puissances européennes
et de l’oppression des populations autochtones. Aux États-Unis,
le Columbus Day est presque devenu une fête nationale, célébrée
le second lundi d’octobre. Mais pour les Italo-américains c'est
bien un jour de fierté culturelle : c'est d’ailleurs eux qui le
créèrent en 1869.
Ainsi Colomb s’est trompé. En fait, il avait pensé que le
diamètre de la Terre était inférieur à ce qu’il
est et que l’Asie était plus étendue. Comme si cela ne suffisait
pas, il ne se rendit pas compte de son erreur, si bien qu’il rebaptisa
du nom d’ « indiens » les indigènes qu’il découvrit à son
arrivée. Quand il mourut, à Valladolid le 20 mai 1506 (il y a de
cela exactement 500 ans), il demeurait convaincu qu’il avait débarqué en
Asie. Son erreur fut riche de conséquences pour l’histoire du monde
et ouvrit la voie à une série d’explorations qui trouvèrent
leur conclusion avec l’entreprise de Vasco de Gama, qui passa le Cap de
Bonne-Espérance, ouvrant la route maritime vers l’Inde et avec la
première navigation autour du monde qu’accomplit Ferdinando Magellan.
On pourrait avancer, non sans ironie, que
Colomb fut le premier Italien en Amérique, même s’il
ne le sut pas. En réalité, l’histoire
de l’apport italien à la formation de la
civilisation moderne du continent américain commença
beaucoup plus tard. Un de ces pionniers fut Lorenzo Da
Ponte, le librettiste de Mozart, de Don Giovanni et des
Noces de Figaro, en personne. Né en 1749, il dut
quitter Venise à l’âge de 30 ans, recherché par
l’Inquisition pour trahison et concubinage. À Vienne,
il connut la gloire comme librettiste de Mozart, mais il
perdit sa charge à la suite d'intrigues de palais,
et il trouva alors refuge à Londres d’où il
dut s'enfuir pour dettes. À partir de 1805, il s’installa à New
York où, en 1825, il devint professeur de littérature
italienne au « Columbia College ». Il mourut
presque nonagénaire, en 1838.
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