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ANCHE LIBERO VA BENE
 

» « ANCHE LIBERO VA BENE » : quelques questions à Kim Rossi Stuart
Par Mario Del Bello

Enfant de la balle d’origine romaine, réservé, Kim Rossi Stuart, 37 ans, a fait ses débuts à 14 ans et aujourd’hui, le voici en tant que réalisateur avec son premier film, « Anche libero va bene », en compétition à Cannes en mai dernier. À bien des égards, ce film a rappelé « I bambini ci guardano » de Vittorio De Sica ou encore « Il ladro di bambini » de Gianni Amelio.

Pourquoi un film sur l’enfance ?
Qui sait… C’est peut-être qu’en voulant faire les choses dans un certain ordre, et étant moi-même un enfant du point de vue de la réalisation, j’ai choisi pour point de départ un véritable enfant. Peut-être qu’avec les scénaristes, nous voulions regarder à nouveau le monde avec des yeux d’enfant : l’enfance est une période si importante de la vie qu’on ne devrait jamais l’oublier. C’est cela je pense, qui a été la principale impulsion.

Que veut dire ce film ?
Je ne crois pas avoir fait un film d’opinions. On pourrait raconter cette histoire de différents points de vue. Je pourrais la définir comme une histoire d’amour entre un père et son fils, de deux êtres amoureux de la même femme. Peut-être existe-t-il à la fin une thèse possible selon laquelle nous, adultes, risquons de commettre des erreurs beaucoup plus graves que celles que font les soi-disant « petits ».

Comment as-tu récupéré la capacité qu’ont les enfants à voir le monde compliqué des adultes avec le regard limpide qui est le leur ?
À un certain point, c’est l’histoire elle-même qui a pris les commandes. Naturellement, nous n’avons pas voulu raconter une enfance dorée et insouciante, ni utiliser les stéréotypes des bons et des méchants, mais une histoire avec des parents complexes et contradictoires. J’ai mis plusieurs mois à trouver l’enfant le mieux adapté à ce rôle, en allant dans les écoles, les piscines et sur les terrains de sports. J’ai trouvé ce garçon dans une école de Ponte Lanciani, une zone entre le centre et la périphérie. Il n’est pas sorti du lot tout de suite, mais plus tard : dans sa normalité, il me semblait avoir des choses enfouies, et puis pendant le bout d’essai, ça lui plaisait d’improviser, tant et si bien qu’il a voulu répéter le jeu.

Un film sur les enfants certes, mais aussi sur les adultes d’aujourd’hui qui souvent ne grandissent pas.
Nous avons cherché des personnages-parents collant à notre réalité actuelle, nous les avons suivis avec amour en décrivant leurs personnalités problématiques, qui ne sont pas seulement négatives. La mère, qui apparaît et disparaît, est le moteur de l’histoire, avec ses névroses ; le père, quant à lui, est plus linéaire dans sa fragilité. Nous voulions également donner une intonation positive au film, un ton rayonnant : notre enfant ne vit pas une enfance malheureuse, même si elle est dure et solitaire, avec une prise d’autonomie précoce. Si nous sommes parvenus avec notre film à assimiler les problématiques actuelles, alors j’en suis très heureux.

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