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Macatera
Macatera

» Macerata, un opera a ciel ouvert
Par Maurizo Targa

Macerata. Son théâtre en plein air en forme d’ellipse fut d’abord un espace voué à un jeu de ballon avant d’accueillir, bien plus tard, un festival d’opéra qui fête cette année sa quarante-deuxième édition.

La magie de Macerata prend toute son ampleur dans le site le plus exceptionnel de la ville, le Sferisterio, splendide édifice de style néo-classique qui accueille tous les ans un festival d’opéra attirant un public national et international autant intéressé par le cadre, atypique, que par la qualité des représentations. Mais en quoi consiste vraiment cette magie ? Elle est certainement due à l’harmonie qui y règne, à l’architecture qui a évolué au cours des siècles sans jamais provoquer de rupture, aux couleurs des briques de ses édifices et à la beauté de ses quartiers et de ses ruelles moyenâgeuses. Le respect de la tradition fait encore partie du style de vie ici et on le retrouve dans sa cuisine faite de délicieux plats typiques comme les vincisgrassi (pâtes aux oeufs coupés en grandes feuilles cuites à l’eau puis disposée en strates, avec ragoût de viande de poulet, foie, gésier, béchamel et cuisson finale au four).
L’endroit unique, qu’il faut absolument découvrir, est donc le Sferisterio, théâtre à ciel ouvert sans égal pouvant accueillir cinq mille spectateurs. Son histoire mérite d’être racontée. Il y a plus de deux siècles, entre le XVIIIe et le XIXe siècle, le sport en vogue en Italie était il gioco del pallone col bracciale, jeu de ballon avec brassard. Deux équipes de trois joueurs essayaient de relancer dans le camp adverse une balle de cuir à l’aide d’un brassard, ou mieux d’un gantelet en bois tubulaire couvert de pointes faites avec le bois très dur du cornouiller. De nos jours, pour assister à une partie, il faut se rendre le premier dimanche d’août dans la ville voisine de Macerata, Treia, qui organise la Disfida del bracciale pendant laquelle s’affrontent les équipes des quatre quartiers de la ville.
Macerata avait donc elle aussi besoin de son terrain de jeu. En 1829, ce fut chose faite grâce à la volonté d’une association de 100 habitants aisés de Macerata. C’est ainsi que le Sferisterio est né, conçu dans le plus pur style néoclassique par l’architecte Ireneo Aleandri qui réussit à parfaitement intégrer dans le tissu urbain cette énorme construction contenant une grande arène délimitée par un imposant mur d’appui de 18 mètres de haut et 88 mètres de long pour le rebond de la balle et par cinquante-six colonnes en briques soutenant une double file de loges et un balcon en pierre. Le balcon offre aussi une belle vue sur la ville. Le Sferisterio fut donc utilisé au départ pour le jeu du ballon au brassard, mais une fois la mode de ce sport passée, des spectacles en tout genre y furent organisés, du cirque, des courses de chevaux… Comme la construction était dotée d’une acoustique et d’une perspective parfaites, on commença, à partir de 1871, à y représenter des pièces de théâtre et, vers 1914, un groupe de passionnés utilisa cet espace pour des spectacles d’opéra. Depuis lors, il accueille l’un des plus grands festivals italiens d’opéra tous les ans, en juillet et août, et assister à une représentation au Sferisterio est une expérience véritablement unique.
Tout près du Sferisterio, après avoir traversé Piazza Mazzini, trois ruelles moyenâgeuses (Vicolo Cassini, Via Crispi, Vicolo degli Orti) mènent au Palazzo Ricci, un autre monument important de l’histoire de Macerata : entièrement restauré et décoré avec du mobilier du XVIIIe siècle, il abrite une des plus importantes collections d’Italie de peinture et de sculpture du XXe siècle italien. Le cœur de la collection, continuellement enrichie par de nouvelles acquisitions, est constitué d’œuvres de célèbres artistes des Marches, comme Gino Bonichi, connu sous le nom de Scipione, un des fondateurs de la Scuola romana.
Aujourd’hui, Macerata est une des premières villes italiennes pour la qualité de vie. C’est indéniablement un très bel endroit pour y vivre et qui étonnera tous les visiteurs, toujours plus nombreux à vouloir y séjourner, peut-être parce qu’amoureux d’une Italie plus tranquille et sereine, recueillie mais riche de culture.

Macerata, avec la région des Marches, provoque inévitablement un coup de foudre qui, facilement, peut devenir une passion de longue durée.

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