Revue d'actualité, culture et civilisation italiennes

 
 
Sommaire
 Edito
 Brev'Italia
 Itinerari
 Società
 Cinema
 Emigrazione
 Stampa italiana
 Lingua viva
 Musica
 Grandi miti
 Sapori
 Espresso
 Agenda


MUSICA

Imprimer

Envoyer

Zucchero

» L’envol de ZUCCHERO
propos recueillis par Gigi Visigna

Son dernier disque s’intitule Fly, (« Envol »).
Cet album rythmé et mélodieux, contient douze chansons, dont une écrite avec Ivano Fossati.


Tu arrives à Pontremoli, tu grimpes par une piste et le panneau sur le portail t’annonce que tu es sur le point d’entrer en « Lunisiana ». Zucchero m’explique que c’est une rencontre entre Lunigiana (nord de la Toscane, ndr) et Louisiane.
Zucchero est né à Roncocesi (Reggio Emilia) le 25 septembre 1955, et la Louisiane, avec la Nouvelle-Orléans, est la terre du jazz, la musique de son âme. Pontremoli se trouve en Toscane : c’est ici qu’à l’âge de 13 ans Adelmo Fornaciari, qui n’était pas encore Zucchero, ni « Zu », comme l’appellent sa famille et ses amis proches, a déménagé avec ses parents. « Mon père », raconte-t-il, « était paysan et communiste convaincu, mais moi j’allais à l’église servir la messe parce que le curé me laissait jouer de l’orgue ».

Je suis venu te voir pour parler de Fly, ton douzième album, qui sort après cinq ans d’absence, si l’on excepte ton disque de duos avec les plus grands interprètes de la musique mondiale. Pourquoi ce titre ?
Avant tout parce que ça sonne bien, et que ça veut dire « vol »; et puis parce chacun d’entre nous, dans la vie ou dans les rêves, rêve de voler. Mais attention au sous-titre, qui dit : « Comment voler avec les aigles si l’on est entouré de dindons ».

La propriété où Zucchero vit avec son épouse Francesca et son fils Blu (mais son premier prénom est Adelmo) est un paradis sur terre : il y a un vieux moulin, ici et là paissent des vaches et des chevaux, dans un petit lac barbotent des canards. Tout est fait maison, je m’en rends compte lors du déjeuner, simple mais plein de saveurs anciennes ; nous mangeons dehors, autour d’une table en bois. Un peu plus loin, il y a « le pensoir » (il pensatoio), un toukoul africain, une hutte, que tout le monde appelle « pili-pili », sans que personne sache pourquoi. En écoutant le disque, on a l’impression que les chansons sont le fruit de la sérénité et de la méditation. « C’est vrai », me dit Zucchero, « l’une d’elles, L’amore è nell’aria, est née tandis que je rêvassais sous un figuier. Il faisait chaud et un vers m’est venu à l’esprit : L’amore è nell’aria, sta con te, sorella d’estate e non va via… » (L’amour est dans l’air, il est avec toi, sœur d’été qui jamais ne s’en va).
Le nouveau disque, avec onze chansons inédites, a été réalisé avec de grands musiciens. La mélodie est au rendez-vous et l’on redécouvre avec plaisir le son presque oublié de l’orgue Hammond, à la mode il y a plusieurs décennies. L’écoute commence avec Bacco Perbacco qui, à l’origine, devait être une tornade à tout casser, mais qui, au bout du compte, associe funky, soul et padanité (sentiment d’appartenance à la Padanie, ndr), tout en restant entraînant : Pane e vino io ti porterò, miele e venere su dai campi, che c’ho l’anima in fondo del Po (Je te porterai du pain et du vin, du miel et des fleurs venus des champs, car j’ai l’âme au fond du Pô). La chanson est en train de devenir l’hymne officiel des viticulteurs italiens.
Une guitare introduit un rythme somptueux, comme une envie de fuir une vie pleine de modèles rigides, où la voie du salut nous est peut-être indiquée par un vieil adage que Zucchero insère dans le texte, La lengua e i man ghan sempre vinta an, qui nous suggère que les mots et les mains peuvent être un antidote à l’ennui : c’est le deuxième titre intitulé Un kilo.

Retrouvez la suite de l'article dans Radici!

Article suivant » Le bon Pape Jean
Editalie Sarl © 2006 - Tous droits réservés

.:Abonnement:.


6 n°: 30€/an
::Commander::





18€
(frais de port inclus)



Partenaires


Alfa Romeo


Honda


Grimaldi


Enjeux Méditerranée


Carré Design


Venexia