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Ferrare

» Ferrare à bicyclette
par Rocco Femia

Per tutti coloro che vengono a Ferrara la lezione è chiara: qui si pedala. Una scelta ecologica che paga, un piacere nuovo per scoprire tesori nascosti e più conosciuti. RADICI vi propone un itinerario nella Ferrara degli Estense, tra Medioevo e Rinascimento ovviamente... pedalando, pedalando.

Un voyageur en provenance de Rome ou de Bologne qui débarque pour la première fois à la gare de Ferrara ne peut qu’être déconcerté. Habitué à la puanteur des gares, il est ici accueilli par un agréable parfum de pain et se rend immédiatement compte que les odeurs ne sont pas masquées par la pollution typique des centres urbains. Après avoir quitté la gare, on découvre une ville tranquille, sans voitures garées en double file par des conducteurs excédés, mais - comme si c’était la campagne -, il entrevoit seulement une longue file de bicyclettes stationnées sur la grande place. Il y a cependant autre chose qui étonne les Romains, les Bolonais ou les Milanais qui passent ici : la façon dont les habitants de Ferrara se déplacent en vélo est vraiment particulière. En général, ils pédalent lentement, ont presque du mal à se tenir en équilibre et parlent au téléphone. Certains tiennent même un parapluie ouvert, se déplacent avec un chien dans un panier, des mamans portent trois enfants sur le même vélo (un sur les épaules, un sur le siège avant et un sur le siège arrière), des dames ont leurs sacs de courses suspendus au guidon. C’est véritablement un petit paradis émilien. Se tenir en équilibre semble être une tradition qui se transmet de mère en fils à Ferrara et qui continue à être cultivée.


La ville du vélo
La politique de la ville consiste à donner tous les droits possibles aux vélos et le moins possible aux voitures, qui ne klaxonnent jamais et attendent patiemment derrière les cyclistes. Une philosophie qui est résumée par une anecdote sympathique qui nous a été racontée par un agent de police : « Un jour, la municipalité de Ferrara a décidé de changer le commandant de la Police municipale et un monsieur venant d’une autre ville a été recruté. Peu habitué à l’indiscipline des cyclistes, il commença à distribuer des contraventions. Mais c’est la municipalité qui, paradoxalement, lui dit ceci : « Non, ce n’est pas possible, les cyclistes ne peuvent pas recevoir d’amendes, même s’ils sont indisciplinés. Dites à vos hommes qu’ils les arrêtent, qu’ils leur expliquent les règles, mais il n’est pas question de donner des contraventions aux cyclistes ». C’est ainsi, les entorses à la règle, pour mieux vivre, sont toujours les bienvenues.
Les bruyantes mobylettes et autres deux-roues à moteur sont interdits dans le centre historique et les habitants du centre ne peuvent avoir qu’une seule voiture par famille, tout ceci afin de préserver la magie d’un des quartiers moyenâgeux les plus grands d’Europe et des grandes artères aérées de la Renaissance.
Le voyageur étonné, habitué à d’autres us et coutumes, rencontrera peut-être sur son chemin les musiciens d’un orchestre en train de pédaler le long du Corso Ercole I d’Este avec des violons ou des contrebasses, énormes, savamment arrimés sur le dos. Peut-être jouent-ils le soir dans la cour du château Estense, construit en 1492 par le Renzo Piano de l’époque, Biagio Rossetti, architecte-urbaniste brillant et audacieux, et commandé par le duc d’Este qui lui confia le projet de développement de sa capitale à la fois riche et cultivée. L’élargissement, appelé Addizione Erculea (Adjonction d’Hercule) en l’honneur du duc, consista à doubler la superficie de Ferrara tout en intégrant harmonieusement la partie déjà existante de la ville. Rossetti doubla les espaces, et offrit aux habitants un projet d’avant-garde associant la Ferrara de la Renaissance à la Ferrara du Moyen-Âge. Il conçoit avec hardiesse les façades des églises (certaines ont un double portail et une double entrée) pour indiquer un déplacement du regard et du barycentre. Et, ironie du sort, tandis que Ferrara construit sa beauté olympique, le monde s’ouvre à la découverte de l’Amérique.

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