» Maria Montessori… Quand l’école découvre l’enfant
par Caterina Ruggiu
Un congrès récemment organisé à Rome a célébré l’influence mondiale de la révolution pédagogique de cette femme médecin originaire des Marches.
La première Maison des enfants a vu le jour il y a cent ans.
C’était le 6 janvier 1097, à San Lorenzo, ancien quartier romain adossé au Cimetière du Campo Verano. Une jeune femme médecin, qui travaillait au service de psychiatrie de l’hôpital Santa Maria della Pietà, inaugura ce jour-là une école, nouvelle à l’époque, pour des enfants de 3 à 6 ans. Elle ne voulut pas l’appeler école et encore moins crèche, mais plutôt maison. Maison des enfants.
Aujourd’hui encore, les écoles Montessori se reconnaissent à leur mobilier adapté à la taille des enfants qui la fréquentent.
Maria Montessori, avec son visage au sourire légèrement esquissé et au regard pénétrant, encadré par des cheveux ondulés retenus par un chignon, observait les Italiens jusqu’en 2002 sur les billets de banque de mille lires.
Ce visage aux traits antiques dissimulait en réalité une personne éclectique et complexe, parfois contradictoire. Un esprit lucide et curieux de tout ainsi qu’une grande passion morale et civile. L’approbation des grands de son époque – de Gandhi à Marconi, de Freud à Piaget, Tagore, Adenauer… - et la blessure secrète d’une tragédie intime pour un fils né hors des liens du mariage. Un esprit libre pas toujours compris.
Cependant, tous lui reconnaissent aujourd’hui le mérite d’avoir imaginé un système pédagogique dont le succès fut inégal en Italie, mais qui s’est développé dans le monde entier. Première femme médecin en Italie, à une époque où certaines professions étaient fermées aux femmes, elle se spécialisa en psychiatrie et commença son travail de recherche dans un asile d’aliénés romain où, parmi les malades mentaux, il y avait aussi des enfants dans un état d’abandon affectif total et qui ne recevaient aucun soin.
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