» Mourir en travaillant
par Thomas Nispola
En 2006, le bilan de la sécurité au travail a été catastrophique : 1250 morts et 935 000 accidents. Un phénomène que l’Italie tente de contenir avec la création du Code unique de la sécurité. Mais le nœud du problème se situe au niveau des contrôles.
L’imprudence dans la vie de tous les jours peut, on le sait, s’avérer dangereuse. Mais lorsqu’elle intervient sur un chantier, elle est souvent synonyme de mort. Quand, en plus, elle se conjugue avec le non respect des mesures de sécurité les plus élémentaires, comme une sangle, une passerelle, une marche mal mise, seulement pour économiser, alors l’imprudence devient la complice homicide de l’avarice. En effet, les mesures de sécurité coûtent cher, et pour certaines entreprises du bâtiment, hélas, une vie vaut moins qu’une sangle ou un casque. Dans le bâtiment, sur 100 accidents mortels, 60 sont dus à des pertes d’équilibre. Parmi les autres cas de figure, citons les personnes heurtées ou écrasées par des grues, des chariots élévateurs, des pelleteuses, des matériaux, ou victimes de structures qui s’écroulent.
Un massacre endémique et silencieux, une chaîne létale qui ne s’interrompt jamais, et qui place l’Italie en tête du classement européen par nombre de victimes.
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