Vincenzo Cerami
Un bourgeois tout petit petit
Édition du Rocher
Avec Un borghese piccolo piccolo (traduit en français sous le titre Un Bourgeois tout petit petit - collection Motifs) Vincenzo Cerami, l’un des plus grands écrivains italiens contemporains, est le lauréat du deuxième prix Grinzane-France qui a été proclamé le 28 mars à l’Institut culturel italien de Paris. Un Bourgeois tout petit petit décrit la vie d’un petit fonctionnaire sans envergure, à quelques mois de la retraite, dont la vie est anéantie l’espace d’une seconde fatidique. Giovanni Vivaldi a mené une vie sans couleur et sans relief. Tous ses désirs de promotion et de reconnaissance sociale se portent sur son fils fraîchement nommé chef comptable. Avec la disparition du fils, s’envolent les derniers espoirs de marquer de son empreinte une vie faite de labeur et de monotonie. Le dernier sursaut n’est que le point d’orgue d’une vie médiocre qui s’évanouit bien avant la mort.
Milena Agus
Mal de Pierres
Éditions Liana Levi
“Grand-mère connut le Rescapé à l’automne 1950. C’était la première fois qu’elle quittait Cagliari pour aller sur le Continent. Elle approchait des quarante ans sans enfants, car son mali de is perdas, le mal de pierres, avait interrompu toutes ses grossesses.” Tout est dit dans ces quelques phrases qui ouvrent le roman de Milena Agus. Le poids des mœurs et des traditions sardes, les jaseries et le qu’en-dira-t’on d’une société archaïque et au beau milieu, le parcours d’une femme que l’on dit habitée d’une douce folie mais qui envers et contre tout suit son bonhomme de chemin
Milena Agus dit s’être inspirée de sa famille « sarde depuis le paléolithique ». Mais n’y voyez là aucun signe autobiographique. Tous ces personnages de même que les membres de sa famille, défunts ou pas du reste, cohabitent dans une joyeuse cacophonie dans la tête de cette romancière qui n’a pas dit son dernier mot.
Andrea Camilleri
La pension Eva
Éditions Métailié
Dans la Sicile des années 40, tout minot qu’il est, Nenè s’interroge : que vont faire les hommes dans cette belle maison près du port, où habitent tant de femmes nues ? Bientôt, au fond d’un grenier, une cousine entreprenante l’éclairera sur le sujet. En grandissant, il deviendra familier de ces dames et bien vite découvrira chez elles, au-delà de la sensualité, des trésors de récits. Autour de la table présidée par l’austère Signura, avec ses amis Jacolino et Ciccio, il perçoit le caractère étrangement sacré de ce bordel et les miracles qui s’y déroulent. La guerre gronde dans le ciel, les bombes américaines dévastent la ville mais à la Pension Eva, un vieux noble retrouve sa virilité, un ange descend nu en parachute, le portrait de Staline a des effets inattendus sur un résistant communiste, le saint local rend visite à l’une de ces dames. Et puis des couples fixes se forment avant de connaître une fin terrible ou bien heureuse.
Mêlant le dur récit documentaire et l’allégresse rêveuse du réalisme magique, ce roman d’apprentissage par temps d’apocalypse, que l’auteur lui-même présente comme un moment très spécial dans son œuvre, nous fait découvrir une facette nouvelle du grand romancier Andrea Camilleri.
Carlo Sgorlon
Lo stambecco bianco
Gremese Editore
Negli anni della guerra civile libanese, un giovane arriva clandestinamente in Italia per sottrarsi al conflitto che sta dilaniando il suo paese e per ritrovare suo padre. Ospitato da Gregorio, un uomo saggio e solitario che gli fa da padre, ed entrato nelle simpatie di Ines, una ricca vedova, Mansùr riesce a integrarsi perfettamente nel mondo al quale è approdato. Anzi, con il loro aiuto, riesce a sventare la minaccia della costruzione di una strada, contribuendo a preservare la montagna, a lui estranea eppure affascinante nella sua maestà, nella sua purezza e nelle sue leggende, come quella dello stambecco bianco. Temi di bruciante attualità, come i rapporti fra mondo musulmano e mondo occidentale, o il problema della salvaguardia della natura, trovano in questo romanzo il passo e il ritmo dell’epica e del mito; un passo e un ritmo che confermano ed esaltano la più autentica e felice vena di uno scrittore capace di trarre dal prediletto canto della civiltà contadina il senso profondo di un’eticità integrale, forse dimenticata o forse mai conosciuta dai valori vincenti del mondo occidentale.