» 1929, les accords du Latran
par Philippe Foro
RADICI vous propose
une nouvelle rubrique « STORIA », après les 6 volets consacrés
à l’histoire de l’Italie depuis la chute du fascisme jusqu’à
nos jours. À travers cette nouvelle série, nous parcourrons
quelques événements marquants du passé, qui contribuent à mieux
comprendre la réalité italienne. Dans ce numéro, nous revenons
sur les accords du Latran de 1929, qui ont défini un cadre très
particulier des relations entre Église et État, bien loin de
la laïcité « à la française ».
Le 11 février 1929, malgré un
temps pluvieux sur Rome, une foule importante se presse devant
le palais apostolique du Latran afin d’entendre l’annonce
officielle de l’accord entre l’Église et
l’État italien au sujet de la question romaine.
Celle-ci remonte à l’époque de l’unité
italienne qui s’est faite en grande partie contre l’Église,
en mettant fin aux États pontificaux. Profitant de la
chute de Napoléon III, protecteur de la Rome pontificale,
les troupes royales italiennes sont entrées dans Rome,
le 20 septembre 1870. Le pape Pie IX se considère désormais
prisonnier au Vatican. En 1874, la Sacrée Pénitencerie
édicte le Non expedit, document par lequel le Saint-Siège
demande aux catholiques de ne pas participer aux élections
afin de ne pas cautionner l’État spoliateur. Les
relations entre l’Église et l’État
tendent à s’améliorer sous Pie X. Ainsi,
en 1913, un pacte électoral est conclu entre le pouvoir
libéral et l’Union catholique du comte Gentiloni
qui vise à faire barrage au socialisme, jugé athée
et anticlérical. À la suite de la Première
Guerre mondiale, le pape Benoît XV supprime officiellement
le Non expedit, permettant le développement du Parti
Populaire, formation démocrate-chrétienne. Mais
celui-ci est emporté par l’arrivée du fascisme
au pouvoir.
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