Revue d'actualité, culture et civilisation italiennes

 
 
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Rocco Femia

» POUR UNE VIE PLUS HUMAINE
par Rocco Femia

Chers lecteurs, c’est avec beaucoup de plaisir que je renoue des liens directs avec vous à l’approche des fêtes, afin de vous remercier de tous les signes d’affection que vous manifestez à l’égard de la revue. Une revue qui vous appartient chaque jour un peu plus et dont vous décrétez le succès numéro après numéro.
En 2008, nous donnerons la parole dans cet éditorial à diverses personnes, lecteurs, spécialistes, des personnes comme nous, qui veulent mettre en lumière un aspect du vivre ensemble, du vivre à l’italienne. D’ailleurs, Thomas Nispola, qui fait désormais partie de l’équipe éditoriale de RADICI, et le Professeur Sabatini, Président de l’Accademia della Crusca, ont déjà écrit un éditorial en 2007 pour vous faire partager leur état d’âme.
N’hésitez pas à nous proposer vos contributions. Votre prise de parole est utile pour faire comprendre combien cette revue est la vôtre et combien votre parole la rend de plus en plus indépendante. Indépendante des risques actuellement liés au monde de la presse. Nombreux sont les lecteurs qui abandonnent les revues parce qu’elles tombent dans l’idéologie de parti pris et l’obsession de détruire l’ennemi. Et que dire de la chute libre du nombre de lecteurs, de plus en plus tentés par le monde sans fin d’Internet. Bien sûr, il n’y a rien de mal à cela, la « toile » représente aujourd’hui un élément indispensable pour accroître notre connaissance, et nous en faisons nous-mêmes une grande utilisation. Mais comment renoncer à ce rapport personnel et physique avec le papier imprimé qui crée un véritable rapport d’amitié et de présence quels que soient le lieu et le moment de la journée ?

Mais venons-en à ce numéro de fin d’année. L’automne qui vient de nous quitter nous a apporté un fait inespéré dont tous les médias ont parlé, y compris RADICI. Reparlons-en ici. Les places, et pas seulement en Italie, ont été envahies par la population pour différentes raisons : pour protester, pour soutenir, pour revendiquer, pour choisir le chef d’un nouveau parti, le Partito Democratico ; ou pour soutenir la création d’un autre parti, celui de Berlusconi, le Partito delle Libertà ; pour approuver ou désapprouver les mesures du gouvernement Prodi, en demandant sa démission comme l’a fait l’opposition ; pour faire le grand ménage des partis avec Beppe Grillo…
Un fait inattendu car, durant les mois précédents, tout le monde ou presque s’accordait à dire que la population nourrissait une indifférence bien établie à l’égard de la politique. Les journaux télévisés et les émissions d’analyse se sont empressés d’appeler les spécialistes ou les gourous à la mode pour étudier, expliquer, évaluer le phénomène. On a dit tout et son contraire, mais je pense que la chose est plus simple qu’il n’y paraît. Malgré les problèmes, les nouveaux défis, les dérives, le désenchantement, les chutes de style et, pire encore, la corruption, le consumérisme effréné, la lutte pour le pouvoir etc., chez la plupart des personnes – y compris chez les jeunes – demeure intact un vif désir d’une vie vivable, sereine, créatrice, fascinante même, une vie toujours plus humaine en somme. Cela correspond à une envie de participer, de s’exprimer, d’être des sujets actifs, de contribuer à construire son propre présent et aussi l’avenir, pour soi et pour les générations futures, et de ne pas subir les choix de ceux qui détiennent momentanément le pouvoir, politique ou économique. Ce serait une grave erreur de ne pas voir cette possibilité. Cette actualité, sans vouloir paraître naïf, me semble correspondre à un désir irrésistible de solidarité et d’engagement sincère. Sans doute ce qui manque aujourd’hui.
S’il en est vraiment ainsi, c’est un signe qu’il faut saisir, même s’il semble encore confus, discordant, voire conflictuel, comme le montre notre dossier sur l’immigration en Italie. C’est une chance de donner à ce mouvement une orientation, un objectif : participer, non pas pour défendre des intérêts de partie, qu’ils soient idéologiques ou pragmatiques, non pas pour revendiquer seulement des améliorations économiques et sociales (même si elles sont indispensables), non pas pour faire feu de tout bois, mais participer pour que chacun assume la responsabilité de la construction du bien commun de la société.
Ce n’est pas cela, entre autres, le véritable sens de Noël qui approche ?

Da parte mia e di tutta la redazione… buon Natale e felice anno nuovo. C’è n’è veramente bisogno.

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Editalie Sarl © 2007 - Tous droits réservés

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