» Napoli sempre viva
par Enrico Caracciolo
Entre les balles perdues de la Camorra et les montagnes de déchets au coin des rues, Naples défraie la chronique depuis de longs mois. C’est justement maintenant que RADICI vous invite à vous y promener. Pas pour un retour en arrière, à la recherche d’un décor idyllique et perdu, celui des cartes postales avec l’une des plus belles baies du monde. Ce que nous vous proposons, c’est un regard résolument tourné vers l’avant et vers les milles ressources d’une ville qui s’est toujours relevée de ses cendres.
S’il est vrai que la vie est un voyage, Naples est pour moi une étape qui aura duré 25 ans, et qui m’a offert une extraordinaire richesse d’états d’âme, de la plus profonde résignation jusqu’à l’euphorie, toujours avec la conscience de vivre dans un endroit où, à chaque instant, tout est possible. Je n’habite plus dans ma ville depuis quelques années, mais lorsque je monte sur ma Vespa immatriculée « NA », même si je parcours les douces routes de la Toscane, je revis ces sensations d’un monde unique et inimitable. Il est trop difficile de raconter ma ville en quelques pages. J’essaie de me concentrer, mais dans ma tête c’est un chaos qui éclate, ce même chaos qui s’empare souvent des rues de la cité. Alors j’éteins l’ordinateur et je vais faire un tour en Vespa. Au bout de quelques kilomètres, une image apparaît, une sensation remonte à la surface. Je la cueille, et je vous la fais partager…
Le réveil de Parthénope
Combien de fois, au cours de ses 2500 ans d’histoire, Naples a-t-elle changé de visage ? Dans ce décor de mer et de pierres très anciennes, la vie aime à se raconter avec de grands spectacles, des drames et des comédies : l’homme et la nature jouent un rôle sans cesse renouvelé, sous le signe de l’imprévisible. Le Vésuve, qui ne dort que d’un œil, et cette terre qui ne tient pas en place, cohabitent avec un peuple patient, capable de s’adapter aux aléas : séismes, dominations, épidémies se sont succédés dans cette ville qui mille fois a touché le fond, et mille fois s’est relevée. Les signes du réveil et de l’ouverture à la modernité sont évidents. Des traces de changement, il y en a dans toute la ville, vous les découvrirez au fil de ce piccolo grande viaggio que je vous propose, depuis le « ventre » du centre ancien jusqu’à la « tête » technologique de la cité en transformation.
L’écrivain Walter Benjamin, qui est passé par ici au début du XXe siècle aimait dire de Naples qu’elle est « poreuse » et ce qualificatif saisissait bien l’âme de la ville. En effet, la « porosité » parthénopéenne, outre à rappeler le socle de tuf sur lequel repose la ville, décrit la réalité chatoyante de Naples, fourmilière humaine dont les chemins sont parfois difficiles d’accès, mais toujours animés d’une activité frénétique. Canaliser une rivière coulant parmi les cavités d’une roche poreuse est impossible, tout comme il est impossible de réglementer le mouvement de la fourmilière, car là-dedans les règles de l’extérieur n’ont pas prise. Naples est comme une éponge qui au cours des siècles aurait absorbé différentes cultures et différentes dominations, devenant un pont entre l’Europe et le monde oriental.
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