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1796, Bonaparte en Italie
 

» 1796, Bonaparte en Italie
par Philippe Foro
« Je veux vous conduire dans les plaines les plus fertiles du monde ; de riches provinces, de grandes villes seront en votre pouvoir ; vous y trouverez honneur, gloire et richesse. Soldats d’Italie, manqueriez-vous de courage et de constance ?»..

C’est ainsi que se termine le discours adressé, le 27 mars 1796, par Napoléon Bonaparte à ses 40 000 hommes stationnés à Nice. Ce jeune général, protégé de Barras et appuyé par Talleyrand, peu connu en France et encore moins en Italie, a reçu le commandement d’une armée destinée à mener l’offensive en Italie. Depuis la fin de 1795, le Directoire envisage une double campagne militaire en Allemagne et en Italie afin d’amener l’Empire d’Autriche à la paix et donc d’isoler la Grande-Bretagne. La campagne d’Allemagne est prévue pour être l’attaque principale, celle d’Italie servant de diversion. En fait, les initiatives militaires et politiques de Bonaparte vont prendre le dessus alors que les opérations en Allemagne ne donnent pas les résultats escomptés. Ayant traversé les Alpes au col de Cadibone, l’armée de Bonaparte écrase à Millesimo et à Mondovi les troupes du roi de Piémont-Sardaigne Victor-Amédée III. Ce dernier préfère conclure l’armistice de Cherasco puis la paix de Paris (15 mai), abandonnant à la France la Savoie et Nice et acceptant la présence de troupes françaises sur le sol piémontais. Traversant le Piémont, les Français franchissent le Pô à Plaisance et battent une première armée autrichienne à Lodi le 9 mai, ouvrant ainsi la route de Milan où entre Bonaparte le 15. La capitale de la Lombardie autrichienne doit payer une imposition de 20 millions de lires. D’autres indemnités sont également imposées aux duchés de Parme (un million de lires et vingt œuvres d’art), et de Modène (10 millions) car comme l’indiquent les instructions de Paris « le général Bonaparte fera lever de fortes contributions, dont la moitié sera versée dans les caisses destinées aux services des diverses administrations et l’autre moitié destinée à payer en numéraire le prêt et la solde de l’armée ». Suite à sa victoire d’Arcole, le 17 novembre, Bonaparte décide de porter la guerre vers le Brenner, alors que le Directoire aurait préféré une descente vers les États Pontificaux, par où arrive une nouvelle armée autrichienne commandée par le maréchal Alvenczy. Ayant encerclé la place forte de Mantoue, Bonaparte bat celui-ci à Rivoli le 14 janvier 1797. Le 2 février, Mantoue capitule. Plus au sud, suite à des pressions françaises, le Saint-Siège est contraint de signer le traité de Tolentino par lequel il reconnaît la perte d’Avignon, du comtat Venaissin et des Légations de Romagne (Bologne) et verse une indemnité en liquidité et en œuvres d’art (c’est à cette occasion que la statue de bronze de Sainte Ignace de Loyola par Pierre Legros dans l’église du Gesù à Rome est fondue, l’actuelle n’étant qu’une réplique).

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